Algérie : Ouverture du procès Gourdel, le guide de haute montagne niçois décapité en 2014

TERRORISME Il y a six ans, Hervé Gourdel a été enlevé puis assassiné par un groupe de jihadistes

20 Minutes avec AFP
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L'otage français, Hervé Gourdel, a été décapité par ses ravisseurs fin septembre (image d'archives)
L'otage français, Hervé Gourdel, a été décapité par ses ravisseurs fin septembre (image d'archives) — MALEROUX FAMILY HANDOUT
  • L’audience a été reportée de deux semaines en raison de l’état de santé du principal accusé.
  • Au total, huit personnes seront jugées pour le rapt et l’assassinat du guide niçois, six autres pour non-dénonciation de crime.

Six ans après les faits, le procès des accusés de l’assassinat du guide de haute montagne originaire de Nice, Hervé Gourdel, s’est ouvert ce jeudi matin à Alger. En septembre 2014, des jihadistes l’avaient enlevé puis décapité.

L’audience était initialement prévue le 4 février mais avait été reportée de deux semaines en raison de l’état de santé d’Abdelmalek Hamzaoui, le principal accusé et membre présumé de Jund al-Khilafa (« Les Soldats du Califat »), le groupe affilié à l’organisation Etat islamique (EI) qui a revendiqué l’assassinat. Il est le seul des huit ravisseurs présumés jugés pour le rapt et la décapitation du guide à comparaître ce jeudi, il risque la peine de mort. Les autres seront jugés par contumace.

« Nous plaçons en la justice algérienne beaucoup d’espoir »

Le procès se déroule devant le tribunal de première instance de Dar El Beïda, dans la banlieue d’Alger, en présence de la famille de la victime, notamment de sa compagne, qui est venue de France. Il devrait durer une journée.

« Nous plaçons en la justice algérienne, qui est souveraine, beaucoup d’espoir pour que justice soit rendue après plusieurs années d’instruction », a déclaré Françoise Grandclaude, la compagne de Hervé Gourdel, début février.

Au total, quatorze personnes sont poursuivies dans cette affaire. En plus des huit ravisseurs présumés, six autres personnes sont jugées pour non-dénonciation de crime.

Parmi elles figurent les cinq accompagnateurs algériens de Hervé Gourdel : Karim Oukara, Hamza Boukamoum, Oussama Dehendi, Amine Ayache et Kamel Saâdi, enlevés avec lui mais relâchés au bout de 14 heures.

Il leur est reproché d’avoir tardé à informer les autorités du rapt du Français. La non-dénonciation de crimes est passible d’une peine allant jusqu’à cinq ans de prison.

Un choc en France et en Algérie

Originaire de Nice, Hervé Gourdel, 55 ans, était un pédagogue et formateur de guides de montagne, passionné d’aventure. Il s’était rendu en Algérie à l’invitation de ses hôtes et accompagnateurs, pour explorer un nouveau site d’escalade, mais il a été kidnappé le 21 septembre. Après son enlèvement, Jund al-Khilafa avait menacé de l’exécuter si la France ne renonçait pas à ses frappes contre l’EI en Irak. La vidéo de sa décapitation diffusée quelques jours plus tard a provoqué un énorme choc en France et en Algérie. L’armée algérienne, qui a mobilisé environ 3.000 soldats, a retrouvé sa dépouille le 15 janvier 2015 à une vingtaine de km du lieu de son enlèvement.

Les autorités algériennes, restées silencieuses sur ce procès, avaient assuré dès 2016 avoir presque totalement éliminé les combattants de Jund al-Khilafa.