Nord : Réclusion criminelle pour dix hommes après la découverte pour 75 millions d’euros de cocaïne dans un cargo

COCAINE CONNECTION Dix hommes, accusés d’avoir convoyé 2,3 tonnes de cocaïne dans un navire, ont été condamnés à des peines entre 10 et 30 ans de prison

20 Minutes avec AFP

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Lors d'une précédente saisie de cocaïne, en France, à Dunkerque. (illustration)
Lors d'une précédente saisie de cocaïne, en France, à Dunkerque. (illustration) — DOUANES FRANCAISES / AFP
  • Dix hommes ont été condamnés à des peines de dix à trente ans de réclusion criminelle pour un trafic international de drogue à la cour d’assises spéciale du Nord.
  • En décembre 2015, la douane française avait découvert 2,3 tonnes de cocaïne dans un cargo en provenance des Caraïbes.
  • La valeur estimée de la marchandise était de 75 millions d’euros.

Six condamnés étaient absents du procès et sous mandat d’arrêt. Dix hommes ont écopé de peines de dix à trente ans de réclusion criminelle pour un trafic international de drogue, mercredi, à la cour d’assises spéciale du Nord, à Douai.

En décembre 2015, la douane française avait découvert dans le « Carib Palm », arraisonné dans les eaux du Pas-de-Calais et en provenance des Caraïbes, 2,3 tonnes de cocaïne pour une valeur estimée à 75 millions d’euros. Une découverte record.

Trois absents importants au procès

Depuis le 8 février, quatre des dix accusés, âgés de 33 à 61 ans, comparaissaient pour avoir participé, à différents titres, à cette traversée. Ils ont tous été condamnés pour diverses infractions, notamment pour importation de stupéfiants en bande organisée, mais acquittés des faits « d’association de malfaiteurs ».

Trois hommes, absents du procès, ont écopé de la peine la plus lourde – 30 ans de réclusion criminelle – dont le donneur d’ordre turc, Mehmet Murat Buldanlioglu. Il avait fourni les coordonnées GPS et payé l’équipage en liquide à Saint-Domingue. Mardi, l’accusation l’avait décrit comme « présent à tous les étages » de ce tentaculaire dossier.

Le broker panaméen Antonio Serrano Samudio, qui avait notamment acheté le navire, a également été condamné à trente ans de réclusion, tout comme Omer Kant, l’un des responsables turcs de l’organisation.

Seize ans pour le « chef à bord »

Parmi les accusés présents, le superviseur turc Huseyin Cakir, 58 ans – « chef à bord », selon l’avocat général – a été condamné à seize ans de réclusion. La même peine a été prononcée à l’encontre du mécanicien turc, Ahmet Ogün Savci, pour avoir notamment participé au recrutement des marins.

La cour a enfin condamné le capitaine géorgien du navire Badri Beridze, et le chef de quart à bord du vraquier Oleksandr Khaskvevych, à douze ans de réclusion. Deux autres responsables turcs et un entremetteur ukrainien, absents, ont été condamnés à dix ans.

Les dix hommes ont également été condamnés à payer solidairement une amende de 75 millions d’euros, soit la valeur des saisies.

Au cours du procès, les accusés avaient soutenu n’avoir jamais su, ou avoir appris tardivement au cours du voyage, qu’une cache aménagée en salle des machines contenait de la drogue. Ils ont bien « agi en pleine volonté et pleine conscience » et tenu des rôles « décisionnaires », a, au contraire, estimé l’accusation.

« Je préfère mourir que rester dans cette situation »

« Je préfère mourir que rester dans cette situation », a lancé Badri Beridze, avant la suspension d’audience, plusieurs accusés demandant à rentrer dans leurs pays, auprès de leurs familles.

« C’est une condamnation extrêmement lourde qui ne peut pas nous satisfaire, mon client M. Savci a toujours dit qu’il était innocent et n’avait pas su, en recrutant, qu’il s’agissait d’une importation de cocaïne » a réagi à la sortie de l’audience Me Quentin Mycinski, réfléchissant à faire appel.

Me Philippe Ohayon, avocat de Barid Beridze, a pour sa part salué « une décision courageuse » de la cour, pour avoir prononcé douze ans au lieu des dix-sept demandés par l’avocat général. « M. Beridze peut entrevoir l’avenir, (…) c’est un brave gars qui s’est retrouvé là-dedans » sans réellement comprendre, a-t-il assuré.

« La cour a considéré qu’il y avait une vraie différence entre les personnes qui sont dans ce dossier par circonstance, et les délinquants professionnels, les commanditaires qui ont acheté cette drogue dans le but de la revendre à des sommes astronomiques. Ces quatre-là ne sont rien, c’est de la piétaille », a conclu l’avocat.