Pyrénées : Des enquêteurs spécialisés dans les crimes de haine saisis après l’action de Génération identitaire

EXTREME DROITE Le procureur de la République de Saint-Gaudens a indiqué qu’il avait saisi l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, les génocides et les crimes de guerre après l’opération anti-migrants de Génération identitaire dans les Pyrénées

20 Minutes avec AFP

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Lors d'une manifestation de Génération Identitaire (illustration)
Lors d'une manifestation de Génération Identitaire (illustration) — Remon Haazen/Shutterstock

Ils sont spécialisés dans « la lutte contre la haine et l’intolérance à l’égard des membres de certains groupes ». Des gendarmes de la division de lutte contre les crimes de haine de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCH) ont été saisis par le procureur de Saint-Gaudens après l’opération anti-migrants de Génération Identitaire, menée par une trentaine de personnes le 19 janvier dernier en Haute-Garonne, à la frontière franco-espagnole.

Ils viendront en appui aux gendarmes de la brigade de recherches de gendarmerie de Saint-Gaudens déjà investis dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte par le parquet de Saint-Gaudens pour « provocation publique à la haine raciale ».

« J’ai des faits, je souhaite les traiter »

L’arrivée de ces spécialistes doit permettre de procéder à des auditions sur l’ensemble du territoire et de réaliser des « analyses plus poussées », a expliqué le procureur de la République, Christophe Amunzateguy. Sur les réseaux sociaux, des vidéos avaient été diffusées où les participants émettaient « des commentaires qui, à mon sens, entraient dans les qualifications pouvant être retenues comme provocation à la haine, notamment en ligne », a souligné le magistrat. Avant de poursuivre « j’ai des faits, je souhaite les traiter ».

Ces militants « peuvent tenir des propos qui ne relèvent pas des faits, il y a la liberté d’expression. Mais il y a ce qu’on peut dire et ce qu’on ne peut pas. Ce qui relève du pénal et ce qui relève de la liberté d’expression », a-t-il insisté.

Infraction pénale ou pas ?

Le procureur a indiqué qu’il irait au bout de cette enquête sans savoir pour l’heure si celle-ci débouchera sur une infraction pénale. En décembre dernier, le groupuscule et trois de ses cadres avaient été relaxés par la cour d’appel de Grenoble, dans une affaire similaire d’opérations anti-migrants, réalisée en 2018 dans les Alpes.

De son côté, le ministre de l’Intérieur vient d’engager la procédure de dissolution du groupe, réclamée de longue date par plusieurs associations et partis politiques.