Gard : Claude Pradille, une des figures du socialisme des années 1980 et 1990, condamné à deux ans de prison

POLITIQUE L'ex-sénateur-maire, Claude Pradille avait été condamné une première fois en 1995 pour des détournements de fonds de l’office HLM du Gard

Jérôme Diesnis

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Le palais de justice de Nîmes.
Le palais de justice de Nîmes. — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse
  • Claude Pradille, sénateur socialiste du Gard de 1988 jusqu’à sa déchéance constatée par le conseil constitutionnel en 1997, a été condamné à deux ans de prison par la cour d’appel du Gard.
  • Il a été reconnu coupable d’organisation frauduleuse d’insolvabilité. Il bénéficie d’une mesure d’aménagement de peine en étant astreint à résident avec le port d’un bracelet électronique.
  • C’est le dernier feuilleton d’une saga judiciaire commencée en 1994 après un rapport accablant de la cour des comptes faisant état de détournement de fonds publics, au détriment de l’Office HLM du Gard dont il était le président. Il avait été reconnu coupable en 1995 d’un détournement de 1,4 million d’euros

L’une des figures du socialisme dans le Gard des années 1980 et 1990, Claude Pradille, a été condamné à deux ans de prison par la Cour d’appel de Nîmes. Maire de Sauve, il fut sénateur de 1988 à 1997, conseiller général de 1970 à 1995 et président de l’office HLM du Gard.

C’est cette dernière fonction qui lui a valu d’être poursuivi par la justice. Sa gestion avait été épinglée par la Cour des comptes dans un rapport accablant en avril 1994. Après la levée de son immunité parlementaire, il avait condamné en juillet 1995 à trois ans d’emprisonnement et d’inéligibilité, 300.000 francs d’amende (environ 46.000 euros). Ainsi qu’au remboursement des fonds détournés à l’office départemental des HLM du Gard, estimés à 1,4 million d’euros.

Organisation frauduleuse d’insolvabilité

La justice lui reprochait de s’être soustrait à cette peine en organisant le transfert de ses biens entre 2006 et 2010. Parmi ceux-ci, un château à Caveirac, évalué à 750.000 euros, et transmis à sa fille et son ex-gendre.

Cette condamnation est le dernier épisode d’un long feuilleton juridique. En 2016, il avait été condamné à quatre mois de prison en première instance pour organisation frauduleuse d’insolvabilité. Une peine alourdie en appel à deux ans de prison ferme. La Cour de cassation (qui se prononce sur la forme et non sur le fond), avait cassé le jugement et renvoyé l’affaire devant la cour d’appel. Laquelle l’a donc de nouveau condamné à deux ans de prison ferme.

L’ex-sénateur, aujourd’hui âgé de 78 ans, bénéficiera d’une mesure d’aménagement de peine en étant assigné à résidence avec un bracelet électronique. Son avocate, Isabelle Mimran, « ne pense pas qu’il y ait un nouveau recours ».