Loire : Cinq ans de prison pour un toxicomane qui grugeait les policiers pour acheter sa drogue

USURPATION Wesley Krikorian a été condamné pour « escroquerie aggravée par l’usurpation de la qualité de personne dépositaire de l’autorité publique »

20 Minutes avec AFP
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Le fronton d'un palais de justice. (illustration)
Le fronton d'un palais de justice. (illustration) — SICCOLI PATRICK/SIPA

Un toxicomane de 32 ans, qui vendait à ses dealers des renseignements confidentiels soutirés à la police et à la gendarmerie en se faisant passer pour l’un des leurs, a été condamné vendredi soir à cinq ans de prison à  Roanne (Loire). Le tribunal correctionnel a également délivré un mandat d’arrêt à l’encontre de Wesley Krikorian, absent à l’audience et qui avait choisi de ne pas être représenté, a précisé ce samedi le procureur de la République de Roanne Abdelkrim Grini.

Quatre ans de prison avaient été requis pour « escroquerie aggravée par l’usurpation de la qualité de personne dépositaire de l’autorité publique ». Originaire du Vaucluse, le trentenaire, qui souffre de schizophrénie mais a été déclaré responsable de ses actes par les experts psychiatres, est hospitalisé d’office à l’hôpital psychiatrique lyonnais Saint-Jean-de-Dieu depuis l’été dernier.

« Il organise son irresponsabilité »

Le tribunal a suivi le parquet qui estime que le jeune homme, dont le casier judiciaire compte une trentaine de mentions, « a montré qu’il organise son irresponsabilité, comme d’autres organisent leur insolvabilité pour échapper aux conséquences de leurs actes, en tentant de manipuler les experts judiciaires qui l’ont examiné ». L’homme s’était fait passer une première fois en 2019 pour un policier lyonnais auprès du centre pénitentiaire de Roanne afin d’obtenir des renseignements sur un détenu. C’est alors qu’une enquête avait été ouverte.

Il est ensuite parvenu depuis un téléphone portable à tromper la vigilance des forces de l’ordre « en employant le jargon professionnel approprié et en recourant à des identités imaginaires qui sonnaient bien », selon le parquet. Des policiers du Rhône mais aussi de Perpignan ou des gendarmes de Nîmes en ont fait les frais. « Cela a révélé des failles et des négligences dans les modes de communication de certains services auprès de qui l’information a depuis été passée », a ajouté Abdelkrim Grini.

Décrit par les enquêteurs comme « intelligent et particulièrement malin », Wesley Krikorian a expliqué utiliser ces informations confidentielles comme moyen de paiement auprès de trafiquants de drogue. Interpellé l’été dernier pour un vol avec violence à Aix-en-Provence, il avait alors été déclaré pénalement irresponsable et hospitalisé d’office mais continuait son petit jeu depuis l’hôpital, ce qui a permis aux enquêteurs de le localiser.