La plainte pour diffamation de François de Rugy contre Mediapart jugée aujourd'hui

PROCÈS Le média avait évoqué un appartement que celui-ci louait près de Nantes depuis 2016, et notamment alors qu’il était président de l’Assemblée nationale, « sans répondre aux conditions de location »

20 Minutes avec agences

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François de Rugy, à l’Assemblée nationale le 11 février 2020.
François de Rugy, à l’Assemblée nationale le 11 février 2020. — NICOLAS MESSYASZ

Attaqué par l’ex-ministre François de Rugy, le site d’information Mediapart est jugé en diffamation ce jeudi pour un des articles sur son train de vie et ses dépenses qui l’avaient poussé à la démission en juillet 2019. Dans le viseur de l’ancien ministre de la transition écologique, redevenu depuis député, un article, paru le 11 juillet 2019 et titré « François de Rugy profite, lui aussi, d’un logement à vocation sociale ».

Dans cet article, Mediapart évoquait un appartement que celui-ci louait près de Nantes depuis 2016, et notamment alors qu’il était président de l’Assemblée nationale, « sans répondre aux conditions de location ». Il affirme n’avoir jamais su qu’il s’agissait d’un appartement à « loyer social préférentiel » et s’est dit « victime d’une tricherie » de son agence immobilière ou du propriétaire de l’appartement.

Il ne sera pas présent à l’audience

Les avocats de François de Rugy ont indiqué qu’il « ne pourra être présent » à l’audience car il sera à l’Assemblée nationale, où est examiné en ce moment le projet de loi contre le « séparatisme » pour lequel il a présidé en amont la commission spéciale de députés. Sa défense n’a pas souhaité s’exprimer avant l’audience.

Côté Mediapart, le journaliste Fabrice Arfi et le directeur de la publication Edwy Plenel, visés par la citation de M. de Rugy, seront présents, a précisé leur avocat, qui conteste toute diffamation. « Mediapart n’a fait que publier, dans le respect de ses règles déontologiques, des informations d’intérêt général », a-t-il déclaré.

« Journalisme de démolition »

François de Rugy avait été contraint de démissionner du ministère de la transition écologique après une série d’articles de Mediapart le concernant et une semaine de polémiques. S’il avait fustigé le « journalisme de démolition » pratiqué selon lui par le site d’informations, il n’a pas poursuivi les autres enquêtes parues dans la même période par Mediapart, qui s’étaient notamment penchées sur l’organisation d’une douzaine de dîners fastueux à base de homards et de grands crus lorsqu’il était président de l’Assemblée, ou ses travaux dans son logement de fonction.

Une semaine plus tard, il s’était estimé « blanchi » par les rapports – par ailleurs critiqués – du gouvernement et de l’Assemblée le dédouanant pour les travaux et les dîners, à l’exception de trois repas à l’Hôtel de Lassay d’un « niveau manifestement excessif ».