Drôme : Condamné à neuf ans de réclusion criminelle pour avoir tué son bébé il y a 23 ans

PROCES Les faits remontent à 1998 mais pendant des années la justice portugaise puis française ont laissé traîner l’affaire

20 Minutes avec AFP

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 Illustration des assises
Illustration des assises — E. Frisullo / 20 Minutes

La mère de la petite victime a dû attendre 23 ans que le meurtrier de son enfant s’explique devant la justice. Mercredi soir, le père de la petite Andréa a été condamné par la cour d'assises de la Drôme​ à neuf ans de réclusion criminelle pour avoir tué sa fille de deux mois et demi en 1998 au Portugal.

Cyril Siette a aussi écopé d’une amende de 20.000 euros au titre du préjudice moral causé à la mère de l’enfant, Carla Ventura, partie civile dans ce procès, qui espère pouvoir désormais faire son deuil, selon son avocate Me Laure-Alice Bouvier. Le procureur avait requis plus tôt dans la journée à l’encontre de l’accusé une peine de 15 ans de réclusion criminelle pour des violences ayant entraîné la mort de sa fille.

Mis en examen en 2017

Le 18 mars 1998, il l’avait secouée violemment pour la faire taire, avant de la jeter sur le canapé, puis de la projeter contre un mur en lui donnant un coup de pied dans le ventre. A son arrivée à l’hôpital de Viano do Castello, au Portugal, où résidait alors le couple, Andréa Marie Siette était inconsciente, en état d´hypothermie et présentait des lésions à l’abdomen, notamment des brûlures. Elle est décédée le 1er avril 1998.

Après la mort du bébé, pendant sept ans, rien ne se passe. Puis les autorités judiciaires françaises prennent en charge la procédure, le couple alors séparé résidant en France. Les parents sont entendus en 2003. Ensuite, plus rien. Jusqu’à ce qu’en juin 2010 le parquet de Pontoise classe la procédure pour extinction de l’action publique.

L’affaire reprend son cours deux ans plus tard lorsque Carla Ventura écrit au procureur de la République pour demander que ce crime ne reste pas impuni. « On pourrait engager la responsabilité de l’État pour des délais anormalement longs mais je ne pense pas qu’on le fera. Ce que l’on souhaitait, c’est que justice soit faite », a précisé Me Laure-Alice Bouvier.

Cyril Siette avait été mis en examen le 13 novembre 2017, dans la Drôme, où il résidait. Lors de son procès, débuté lundi, l’accusé a expliqué ne pas se souvenir des faits. Pour l’avocate de la mère d’Andréa, la responsabilité de Carla Ventura n’a pas été mise en cause. « Le tribunal a bien compris qu’elle était tout aussi victime que sa fille. J’espère qu’avec ce jugement ma cliente pourra clore 23 ans de sa vie », a-t-elle souligné à l’issue du procès.