« Gilets jaunes » : Deux policiers mis en examen pour violences, dont l’éborgnement de Jérôme Rodrigues

MANIFESTATION Le 26 janvier 2019, un policier avait jeté une grenade, blessant Jérôme Rodrigues de manière définitive

20 Minutes avec AFP
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Jérôme Rodrigues le 12 septembre à Paris.
Jérôme Rodrigues le 12 septembre à Paris. — Frederic DIDES/SIPA

Deux policiers ont été mis en examen le 14 janvier dans l’enquête sur l’éborgnement de Jérôme Rodrigues, une des figures des « gilets jaunes », et sur la blessure d’un autre manifestant en 2019.

Le policier, accusé d’avoir lancé la grenade qui a causé la perte de l’œil droit de Jérôme Rodrigues lors du rassemblement du 26 janvier 2019 à Paris, a été mis en examen pour des « violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente », aggravées. L’autre policier est poursuivi pour des « violences volontaires aggravées » sur un autre manifestant participant au même rassemblement.

Une annonce sur Facebook

La qualification criminelle retenue contre le premier policier est passible des assises. Les deux fonctionnaires ont été placés sous contrôle judiciaire par les juges d’instruction, chargés des investigations depuis le 13 février 2019.

Jérôme Rodrigues, casquette noire et barbe fournie, a dévoilé l’information lors d’une allocution en direct sur son compte Facebook mercredi, devant 1.500 personnes : « Je tenais à vous le dire, à dire à l’ensemble des gens qui me soutiennent depuis deux ans aujourd’hui : je me suis fait crever un œil par la police de Macron. » Joint par l’AFP, son avocat Arié Alimi n’a pas souhaité faire de commentaires.

A l’époque des faits, le tir d’un lanceur de balle de défense (LBD) et le lancer concomitant d’une grenade de désencerclement avait touché le groupe dans lequel évoluaient Jérôme Rodrigues et l’autre participant, sans qu’il soit immédiatement possible de déterminer quelle arme avait blessé les deux hommes.

Trente manifestants gravement blessés

La blessure de Jérôme Rodrigues, un ancien commerçant de 41 ans, compagnon de route d’une autre figure du mouvement de contestation Eric Drouet, avait relancé la controverse sur l’usage du LBD, arme controversée accusée d’avoir causé la perte d’un œil chez plusieurs manifestants. Les autorités avaient d’abord contesté tout usage d’une telle arme, dont les tirs sont désormais filmés, à l’heure des faits place de la Bastille.

Depuis les manifestations des « gilets jaunes » à l’hiver 2018-2019, au moins 30 manifestants ont été éborgnés et cinq ont eu la main arrachée, selon un décompte du journaliste David Dufresne. L’utilisation de lanceurs de balle de défense mais aussi de certaines grenades par les forces de l’ordre était principalement mise en cause.

Un autre policier a été mis en examen à Rennes récemment pour blessures involontaires, dans l’enquête sur l’éborgnement de Gwendal Leroy, autre « gilet jaune » touché par un éclat de grenade.