Montauban : Après sa condamnation à cinq ans d'inéligibilité, Brigitte Barèges appelle à une manifestation de soutien

JUSTICE L’élue (LR), qui ne sera bientôt plus maire de Montauban, parle d’injustice et estime avoir payé ses engagements politiques

Béatrice Colin

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Brigitte Barèges, au lendemain de sa condamnation à cinq ans d'inéligibilité par le tribunal correctionnel dans une vidéo postée sur sa page Facebook.
Brigitte Barèges, au lendemain de sa condamnation à cinq ans d'inéligibilité par le tribunal correctionnel dans une vidéo postée sur sa page Facebook. — Capture écran FB Brigitte Barèges
  • Brigitte Barèges est passée à l’offensive ce mercredi, d’abord sur Facebook, puis lors d’une conférence de presse, au lendemain de sa condamnation à cinq ans d’inéligibilité.
  • La maire de Montauban passe la main, mais compte bien reprendre ses postes si le jugement en appel lui est favorable.

C’est à son bureau de maire, qu’elle occupe encore pour quelques jours, que Brigitte Barèges (LR) s’est adressée aux Montalbanais. Au lendemain de sa condamnation à cinq ans d’inéligibilité pour « détournement de fonds », l’édile a dénoncé dans une vidéo postée sur sa page Facebook « une brutalité, une violence, une injustice ».

Si elle annonce qu’elle a fait appel de la décision du tribunal correctionnel de Toulouse, celle qui est aussi présidente de l’agglomération et élue au conseil départemental indique qu’elle devra quitter bientôt l’ensemble de ses mandats.

« Me faire payer mes engagements politiques »

« Je vais relever la tête, je n’ai honte de rien, je ne regrette rien. J’espère que la justice de demain verra qu’on ne peut pas mélanger la démocratie et la justice. J’ai l’intime conviction que je n’ai rien à me reprocher et qu’on a voulu me faire payer mes engagements politiques », assure-t-elle.

Pour Brigitte Barèges, l’enquête et l’instruction « ont été menées à charge par le pouvoir en place », accuse-t-elle, citant Christiane Taubira ou encore Christophe Castaner. Une manœuvre politique que l’élue, en poste depuis 2001, entend dénoncer lors d’une manifestation de soutien organisée samedi « pour dire qu’on en a assez » sur propositions de certains de ses administrés indique-t-elle.

Comme indiqué ce mercredi à 18 h lors d’une conférence de presse depuis l’hôtel de ville, c’est Axel de Labriolle, premier adjoint, qui prend le fauteuil de maire, alors que Thierry Deville, jusqu’alors premier vice-président du Grand Montauban, succédera à Brigitte Barèges à la tête de l’agglomération. Cette dernière entend continuer à « suivre les affaires, en tant que conseiller totalement bénévole ».

« Un attentat politique »

Avant de récupérer ses mandats si le jugement en appel lui est favorable ? C’est ce qu’ont indiqué les deux hommes, Thierry Deville assurant que « la ville était temporairement orpheline ». Axel de Labriolle a carrément évoqué « un attentat politique » pour qualifier ce coup de tonnerre dans le ciel de la cité des Tontons Flingueurs. En attendant la suite du feuilleton, Brigitte Barèges, qui avait été largement réélue pour un quatrième mandat lors des municipales de 2020, a annoncé sa volonté « d’écrire [sa] vérité ».