Montauban : Condamnée par la justice, Brigitte Barèges (LR) privée de son mandat de maire

DETOURNEMENT La maire (LR) de Montauban était jugée pour détournement de fonds publics

Béatrice Colin

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La maire (LR) de Montauban, Brigitte Barèges lors de son procès pour détournement de fonds.
La maire (LR) de Montauban, Brigitte Barèges lors de son procès pour détournement de fonds. — Lionel BONAVENTURE / AFP
  • Maire de Montauban depuis vingt ans, Brigitte Barèges (LR) va devoir quitter son fauteuil.
  • Le tribunal correctionnel de Toulouse vient de la condamner à cinq ans d’inéligibilité, avec effet quasi-immédiat, dans une affaire de détournement de fonds publics.
  • L’opposition montalbanaise, tout comme le tribunal dans son jugement, insiste sur le devoir d’exemplarité des élus.

Elle était maire de Montauban depuis vingt ans. Ce mardi, Brigitte Barèges (LR) a perdu son mandat, jugée inéligible pour cinq ans par le tribunal correctionnel de Toulouse. Une décision qui prendra effet après sa notification par le préfet. La future ex-édile est aussi condamnée à 12 mois de prison avec sursis et 15.000 euros d’amende, pour détournement de fonds publics. Au moment du délibéré, le président du tribunal a insisté sur le devoir « d’exemplarité et de probité » des élus.

L’affaire remonte aux années 2012-2014. Brigitte Barèges est alors maire de la préfecture du Tarn-et-Garonne et en campagne pour sa réélection à un troisième mandat. C’est Jean-Paul Fourment, son chargé de communication à l’époque et directeur de campagne à partir de 2013, qui est à l’origine de l’enquête. Evincé de son poste à la suite d’une procédure disciplinaire, il va informer la justice qu’il était payé par la mairie pour écrire des articles favorables à l’édile dans Le Petit Journal, une publication locale.

Une deuxième plainte avait suivi, déposée par l’ancien directeur de cabinet de l’élue, lui aussi remercié quelque temps auparavant.

« Pour Montauban, une page se tourne »

En décembre, à la barre, Brigitte Barèges avait reconnu avoir manqué de « rigueur », mais nié tout détournement de fonds publics, affirmant « faire confiance à la justice ». Mais lors de son renvoi devant le tribunal, quelques mois auparavant et à quelques semaines des élections municipales, l’édile évoquait sur sa page Facebook une « étrange coïncidence… Depuis le début de cette affaire, son caractère politique n’a échappé à personne ».

Ses avocats avaient plaidé la relaxe. Ils n’ont pas été entendus et annoncent d’ores et déjà que Brigitte Barèges va faire appel. La principale intéressée n’était pas présente au Palais de justice de Toulouse ce mardi. Arnaud Hilion, le leader de l’opposition montalbanaise, si. « Pour Montauban, une page se tourne, a-t-il réagi. J’espère que les élus de la République sauront tirer les conséquences de ce jugement très sévère qui correspond aux réquisitions. Nous sommes très satisfaits de voir passer la justice de notre pays ». Brice Zanin, l’avocat de trois élus de l’opposition qui s’étaient substitués à la mairie en tant que parties civiles, prend cette condamnation comme « un message envoyé au futur maire ». « Peu importe que l’on soit député ou maire depuis longtemps, la justice ne fait pas de cadeau, constate-t-il. La transparence et la probité sont impératives, surtout à l’heure où les Français ont de moins de moins confiance dans les politiques ».