Mort du petit Tony : Trente ans de réclusion requis contre le beau-père, cinq ans contre la mère

PROCES La cour d’assises de la Marne examine, depuis lundi, les circonstances dans lesquelles le petit Tony, 3 ans, est mort en novembre 2016 à Reims

Vincent Vantighem
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Une marche blanche en hommage à Tony, 3 ans, s'est déroulée dans les rues de Reims, mercredi 30 novembre.
Une marche blanche en hommage à Tony, 3 ans, s'est déroulée dans les rues de Reims, mercredi 30 novembre. — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
  • Âgé d’un peu plus de trois ans, Tony est mort à Reims en novembre 2016 après avoir été la cible des coups répétés de son beau-père.
  • Condamné sept fois pour des faits de violence, Loïc Vantal a reconnu les faits. Caroline Létoile, la mère du petit estime, elle, qu’elle était sous l'emprise de ce dernier.
  •  Alors que le verdict est attendu ce vendredi soir, le procureur a requis les pleines les plus lourdes à leur encontre.

A la cour d’assises de la Marne, à Reims,

« C’est Loïc Vantal qui a tué Tony. Mais sans le silence coupable de Caroline Létoile, il n’aurait pas pu… » Le procureur de Reims, Matthieu Bourrette a requis, ce vendredi midi, quasiment les peines les plus lourdes possible contre la mère de petit Tony et son ancien compagnon, qui comparaissent depuis lundi devant les assises de la Marne.

A l’encontre de Loïc Vantal, qui a reconnu avoir « entraîné la mort de l’enfant » à l’issue d’une abominable succession de coups, le procureur a réclamé une peine de trente ans de réclusion, dont quinze ans de période de sûreté. Juste après, Matthieu Bourrette a demandé à la cour d’assises de prononcer une peine de cinq ans de prison dont une année avec sursis à l’encontre de Caroline Létoile, jugée uniquement pour les délits de « non-dénonciation de mauvais traitements » et de « non-assistance à personne en danger. »

« Des coups de poing ! Pam ! Pam ! Pam ! »

Au terme d’un procès émotionnellement éprouvant, tant les violences subies par le petit Tony ont été abominables, le procureur a commencé par critiquer l’attitude de tous les témoins du drame : voisins, directrice d’école, parents… « Mais ne nous trompons pas. Ce n’est pas le procès des voisins. Si un seul avait parlé, Tony aurait connu le Noël 2016. Mais si Loïc Vantal ne l’avait pas frappé, il aurait connu la vie ! »

Et les jurés ont donc eu le droit, une nouvelle fois à la litanie, des sévices subis par le petit garçon, qui adorait Cars avant qu’il ne succombe le 26 novembre 2016. « Il y a d’abord le dimanche. Il va lui mettre des coups de poing. Pam ! Pam ! Pam ! Et il va le jeter dans l’armoire, a commencé le procureur. Lundi, il n’y a rien, c’est le jour de repos aux enfers. Mardi, il continue. Mercredi, c’est le jour terrible, noir, absolu. Il va lui mettre des claques, des coups de poing, le faire chuter… »

« Elle aurait pu faire quelque chose »

Les médecins qui ont examiné le corps du garçonnet ont recensé tellement de coups qu’ils ne sont pas parvenus à les compter avec exactitude. Sur le visage, 23 traces, bleus ou ecchymoses ont été répertoriées. Mais le procureur a rappelé qu’il aurait pu être sauvé si ses parents avaient décidé d’appeler les secours le mercredi.

Mais ils ne l’ont pas fait. Et, pendant les quatre jours de ce procès, ils ne sont pas vraiment parvenus à expliquer pourquoi à la cour d’assises. Loïc Vantal a raconté qu’il avait été battu durant son enfance et que c’était ainsi qu’il pensait éduquer Tony. Son ancienne compagne a expliqué qu’elle était sous son emprise et que c’est pour cela qu’elle n’avait pas pu réagir. Une explication qui n’a pas convaincu le procureur de Reims. « Elle aurait pu faire quelque chose. Entre Loïc et Tony, il fallait choisir. Elle a fait le mauvais choix ! »

Assise quatre mètres face à lui, Caroline Létoile a passé la matinée à sangloter tout en regardant ses chaussures. Dans son box, Loïc Vantal, a paru indifférent à ces lourdes réquisitions, fermant même les yeux par moments. Cet après-midi, leurs avocats s’avanceront pour les défendre. Ils auront ensuite le droit de dire à un dernier mot avant que les jurés ne se retirent pour délibérer.

Le verdict devrait être rendu dans la soirée.

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