Féminicides : En 2020, 90 femmes ont été tuées par leurs conjoints ou ex-conjoints contre 146 en 2019 selon le ministre de la Justice

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES C’est le chiffre le plus bas enregistré depuis 2006

20 Minutes avec AFP

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Rassemblements a l'appel d'un collectif de syndicats, partis et associations contre les violences sexistes et sexuelles le 25 novembre 2020 à Paris.
Rassemblements a l'appel d'un collectif de syndicats, partis et associations contre les violences sexistes et sexuelles le 25 novembre 2020 à Paris. — SEVGI/SIPA

« Une petite lueur d’espoir ». Quatre jours après un premier bilan dressé par l’AFP, le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti a confirmé la baisse du nombre de féminicides commis en 2020. Dans une vidéo postée sur son compte Facebook, le ministre de la Justice a annoncé ce mardi que 90 femmes avaient été tuées par leurs conjoints ou ex-conjoints en 2020, un chiffre bien en deçà de celui enregistré l’année précédente. En 2019, 146 féminicides avaient été comptabilisés par le gouvernement.

« Nous avons obtenu ces résultats, ils sont encore trop modestes mais ils sont porteurs d’espoir », a déclaré le ministre dans sa vidéo. Pour autant le garde des Sceaux a rappelé que « chaque homicide, chaque violence est un échec (…) pour notre société tout entière, c’est un échec pour le ministère de la Justice ». Au total en 2020, « 106 crimes ont été perpétrés et 90 victimes sont des femmes », a-t-il précisé.

Bilan le plus bas depuis 2006

Le chiffre pour 2020 est le plus bas depuis que le gouvernement a commencé à recenser les féminicides en 2006, mais les associations s’accordent à dire qu’il est encore trop tôt pour y voir une tendance durable. Selon les éléments recueillis par l’AFP qui a étudié pour 2019 et 2020 tous les cas de féminicides présumés en France, les meurtres de femmes par leurs conjoints ou ex n’ont pas particulièrement baissé pendant les confinements liés à la crise sanitaire du Covid-19.

L’épidémie de coronavirus et ses périodes de confinement ont par contre mis en lumière l’importance des violences subies par les femmes et les enfants à leur domicile, faisant bondir les signalements de ces faits. La baisse considérable du nombre de féminicides « tient sans doute au regard que la société tout entière porte sur ces violences conjugales et sur ces crimes odieux, elle tient aussi au travail des associations », a aussi dit M. Dupond-Moretti.

Des remontées systématiques

Signe que ce fléau est devenu majeur dans la société, la Chancellerie a demandé pour la première fois en 2020 des remontées systématiques aux parquets généraux pour chaque homicide conjugal, afin d’avoir « un suivi plus précis » de ces meurtres et « évaluer l’impact des mesures du Grenelle ». C’est la première fois que la Chancellerie annonce des chiffres.

Après une forte mobilisation associative, un « Grenelle » pour lutter contre les violences conjugales avait abouti fin 2019 à une quarantaine de mesures, parmi lesquelles le déploiement de bracelets anti-rapprochement pour les conjoints ou ex-conjoints violents ou des « retours d’expérience » entre professionnels concernés après chaque féminicide.