Bonbonnes de gaz à Paris : Trois personnes renvoyées devant les assises pour l’attentat avorté

PROCES En septembre 2017, un habitant d’un immeuble du 16e arrondissement avait découvert quatre bonbonnes de gaz surmontées d’un dispositif de mise à feu électrique

20 Minutes avec AFP

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Dans un tribunal (illustration)
Dans un tribunal (illustration) — Jean-Marc Quinet/ISOPIX/SIPA

Accusés d’avoir pris part à une tentative d'attentat aux bonbonnes de gaz à l’automne 2017 à Paris, trois hommes, dont deux fichés pour radicalisation islamiste sont renvoyés devant les assises, a annoncé une source judiciaire, ce samedi, confirmant une information du Parisien​.

Dans la nuit 29 au 30 septembre 2017, un habitant d’un immeuble du 16e arrondissement avait donné l’alerte après avoir découvert au rez-de-chaussée, entre 3 heures et 4 heures du matin, quatre bonbonnes de gaz surmontées d'un dispositif de mise à feu électrique par téléphone, autour desquelles avait été versée beaucoup d’essence.

Le dispositif ne s’est pas enclenché

Pour une raison inconnue, trois appels n’avaient pas réussi à déclencher le dispositif. Deux jours après, trois suspects avaient été interpellés avant d'être mis en examen et écroués : Amine A., Sami B. et Aymen B. Dans une ordonnance récente, le juge d’instruction chargé du dossier a décidé de renvoyer aux assises deux des suspects pour « tentative d’assassinat » et « tentative de destruction par moyen dangereux pour les personnes » en relation avec une entreprise terroriste, et un troisième pour « complicité » de ces deux infractions, selon la source judiciaire.

Les trois sont également renvoyés aux assises pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Selon une source proche du dossier, les deux premiers renvoyés notamment pour « tentative d’assassinat » sont Sami B. et Aymen B., le troisième pour « complicité » est Amine A.

Le choix de l’immeuble toujours inexpliqué

Deux ont interjeté appel de l’ordonnance de renvoi, selon la source judiciaire. Une quatrième personne est également renvoyée en procès, pour un vol connexe à l’affaire. Le Parquet national antiterroriste (Pnat) avait requis début novembre que les trois principaux accusés soient tous jugés pour « tentative d’assassinat ».

Avocate de Sami B., Me Daphné Pugliese a indiqué qu’elle ferait appel de cette ordonnance car son client « a toujours soutenu être parfaitement innocent des faits qui lui sont reprochés ». Pourquoi cet immeuble d’une petite rue dans ce quartier aisé de la capitale a-t-il été visé ? « C’est la grande interrogation qui reste dans le dossier », soulignait une source proche après trois ans d’enquête. Le mode opératoire, et l’ADN d’Aymen B. relevé sur place, avaient mis les enquêteurs sur la piste du trio.

L’un des accusés, indicateur du renseignement intérieur

Cet homme de 31 ans, né à Paris et fiché S depuis juillet 2016 « en raison d’un prosélytisme pro-Daesh », avait déclaré à l’époque le procureur François Molins. Il était en contact avec Amine A., 32 ans, également fiché S. Ce natif des Ulis (Essonne) était connu pour avoir été en garde à vue en 2013 dans le dossier Forsane Alizza, groupuscule islamiste radical dissous en 2012 par les autorités. D’après Le Parisien, il avait un temps été engagé dans « un processus de recrutement pour devenir un indicateur du renseignement intérieur ».

Sami B., le cousin de 30 ans d’Aymen B., avait été arrêté en raison de leurs nombreux contacts téléphoniques et de matériel retrouvé à son domicile pouvant correspondre au dispositif. Cette attaque avortée avait eu lieu deux jours avant un attentat mortel au couteau devant la gare de Marseille. Me Pascal Garbarini, avocat de l’habitant qui avait donné l’alerte, « un homme ordinaire qui a réalisé un acte héroïque », a indiqué que son client « [attendait] le procès avec impatience ! Une seule question aux accusés l’intéresse : Pourquoi ? Nous la poserons avec force et détermination. »