Jugée en appel pour avoir accusé Pierre Joxe d’agression sexuelle, Ariane Fornia clame sa « bonne foi »

METOO En première instance, Ariane Fornia avait été condamnée à verser un euro symbolique et 3.000 euros au titre des frais de justice à Pierre Joxe

J.-L.D. avec AFP

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Ariane Fornia accuse Pierre Joxe d'agression sexuelle
Ariane Fornia accuse Pierre Joxe d'agression sexuelle — ANDERSEN ULF/SIPA

Condamnée pour diffamation en janvier 2020 pour avoir accusé l’ancien ministre Pierre Joxe d’agression sexuelle, l'écrivaine Ariane Fornia​, fille de l’ex-ministre Éric Besson, a clamé sa « bonne foi » ce mercredi à l’occasion de son procès en appel à Paris.

« Ma condamnation en première instance a été profondément injuste (…). Je me souviens de ma sidération, de l’état de choc (…). Cet événement reste unique, inoubliable et j’ose espérer qu’il ne se reproduira jamais (…) J’ai été choquée du refus de ma bonne foi », a expliqué la jeune femme à la barre.

Une affaire initiée avec #MeToo

En première instance, Ariane Fornia, de son vrai nom Alexandra Besson, avait été condamnée à verser un euro symbolique de dommages et intérêts ainsi que 3.000 euros au titre des frais de justice à Pierre Joxe, qui avait intenté ce procès. L’affaire avait débuté en octobre 2017, en pleine éclosion de la vague #MeToo, avec la publication sur le blog d’Ariane Fornia d’un long billet où elle racontait avoir été victime de plusieurs agressions sexuelles dans sa jeunesse, dont l’une à l’Opéra Bastille.

Elle ne citait pas nommément son agresseur présumé, mais évoquait « un ancien ministre de Mitterrand, membre de plusieurs gouvernements, qui a occupé des fonctions régaliennes ». Le nom de Pierre Joxe, qui conteste catégoriquement les faits, avait rapidement émergé.

Demande d’excuse

Pour son procès en appel, la jeune femme de 31 ans est venue accompagnée de son père. Pierre Joxe, 86 ans, était absent en raison de l’épidémie de Covid-19. « Quel intérêt aurait eu Alexandra Besson (en 2017) de se mettre devant son ordinateur pour raconter des histoires mettant en cause Pierre Joxe ? », a demandé son avocat, Jean-Marc Fédida.

« Nous n’avons pas de preuves (de l’agression sexuelle) mais j’ai une sacrée foutue base factuelle suffisante pour dire que les faits qui se sont déroulés méritent à celui qui les a rapportés le bénéfice évident de la bonne foi », a-t-il souligné. L’avocat de Pierre Joxe, Jean-Yves Dupeux, a relevé de son côté des « invraisemblances et inexactitudes » dans le témoignage incriminant son client. « Alexandra Besson est romancière… Peut-être a-t-elle raconté quelque chose qui lui est peut-être arrivé mais qui n’était pas le fait de Pierre Joxe », a-t-il dit. « La base factuelle est inexistante », a-t-il affirmé.

L’ancien ministre de l’Intérieur puis de la Défense s’était élevé contre une « dénonciation calomnieuse et scandaleuse » et avait demandé « des excuses écrites et publiques ». Face au refus de l’écrivaine, il l’avait poursuivie en justice.