Attentat de la rue Copernic : La cour d’appel de Paris renvoie aux assises le seul suspect retrouvé

ANTISEMITISME L’attentat devant la synagogue de la rue Copernic a fait quatre morts, en 1980

20 Minutes avec AFP

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Rue Copernic, le 3 octobre 1980, peu après l'attentat. (archives)
Rue Copernic, le 3 octobre 1980, peu après l'attentat. (archives) — GEORGES GOBET / AFP

Quarante ans après l’attentat contre la synagogue de la rue Copernic à Paris, la cour d’appel de Paris a décidé ce mercredi de renvoyer aux assises l’unique suspect retrouvé par la justice française dans l’enquête sur cette attaque qui avait fait quatre morts et 46 blessés le 3 octobre 1980, a-t-on appris de source judiciaire.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel a infirmé le non-lieu rendu en janvier 2018 par les juges antiterroristes au bénéfice de Hassan Diab, un universitaire libano-canadien de 67 ans, accusé d’avoir posé la bombe. Ce dernier, qui clame son innocence, est reparti au Canada après trois années de détention provisoire et mène bataille contre la justice de son pays qui avait autorisé son extradition fin 2014.

Décision « insensée »

« Cette décision (de la cour d’appel, ndlr) est insensée, car elle est totalement contraire au droit et au dossier, et par conséquent ne puise son inspiration que dans le politiquement correct », a réagi sa défense dans une déclaration, annonçant qu’elle allait contester ce revirement devant la Cour de cassation.

« Elle censure une décision prise par deux juges d’instruction, dont la motivation extrêmement rigoureuse, était proportionnée aux enjeux et à la gravité de faits. Personne ne peut soupçonner ces magistrats ni de faiblesse ni de naïveté », ont déclaré Mes William Bourdon, Apolline Cagnat et Amélie Lefevbre.

Peu de chances d’obtenir une nouvelle extradition

L’enquête avait attribué l’attentat commis le 3 octobre 1980, non revendiqué, au Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales (FPLP-OS), groupe né d’une scission du FPLP, et les renseignements français avaient identifié Hassan Diab en 1999. Mais près de vingt ans plus tard, les juges antiterroristes avaient, contre l’avis du parquet, considéré que les charges réunies contre l’ancien étudiant de Beyrouth, n’étaient « pas suffisamment probantes », une décision infirmée ce mercredi à la grande satisfaction des parties civiles.

« Je suis contente, cela faisait des années que nous demandions un procès », s’est félicitée Corinne Adler, partie civile venue écouter le délibéré. « Que tout s’arrête là m’aurait beaucoup peiné, pour toutes les victimes dont je fais partie », a déclaré celle qui, adolescente, célébrait sa bat-mitzvah dans le lieu de culte au moment de l’explosion.

« C’est une satisfaction d’obtenir un procès, presque la fin d’un long combat », a salué Me Bernard Cahen, avocat de la synagogue et des familles de deux victimes décédées dans l’attaque. « Si la cour d’assises déclare que M. Diab n’est pas coupable, au moins justice aura été rendue par une décision collégiale et contradictoire », a ajouté l’avocat, toutefois « sceptique » sur les chances d’obtenir une nouvelle extradition de l’accusé. « Mais on va essayer ».