Paris : « Vous ne savez pas qui je suis », le rappeur Ademo jugé pour outrage et rébellion

PROCES Son interpellation, filmée par de nombreux badauds, avait fait le tour des réseaux sociaux

C.Po.

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Une fresque représente les deux frères Ademo et N.O.S du groupe français PNL, à Ivry-sur-Seine dans le quartier Gagarine où ils ont grandi.
Une fresque représente les deux frères Ademo et N.O.S du groupe français PNL, à Ivry-sur-Seine dans le quartier Gagarine où ils ont grandi. — Philippe LOPEZ / AFP
  • Le rappeur Ademo comparaît mercredi matin pour « usage de stupéfiant », « outrage » et « rébellion ».
  • Le frère aîné du duo PNL ne s'est jamais exprimé sur ce dossier. 
  • Son interpellation avait été massivement relayée sur les réseaux sociaux.

Pas un jour ne se passe, ou presque, sans qu’un procès pour « usage de stupéfiant », « outrage » et « rébellion » ne se tienne dans l’immense tour de verre qui abrite désormais le tribunal judiciaire de Paris. Généralement, la salle est vide, seuls les proches des prévenus font parfois le déplacement, rarement la presse. Pourtant ce mercredi, il y a fort à parier que les bancs de la 28e chambre du tribunal correctionnel seront pleins : Ademo, l’un des deux frères du duo PNL, y est jugé quatre mois après son interpellation, le 5 septembre dernier, dans le 14e arrondissement de Paris.

L’intervention – musclée – avait été diffusée presque en direct sur les réseaux sociaux, filmée par des badauds ayant reconnu la star, Tarik Andrieu de son vrai nom. Selon le récit des policiers, consigné dans leur procès-verbal d’interpellation, tout commence peu avant 18 heures lorsqu’ils remarquent un homme, accompagné de sa femme et de leur bébé, rouler une cigarette dont se dégage « une forte odeur caractéristique du cannabis ». Alors qu’ils décident de procéder à un contrôle, l’homme jette « sa cigarette artisanale » et se montre rapidement « agressif ». Les fonctionnaires assurent que l’artiste aurait alors commencé à haranguer la foule. « Vous ne savez pas qui je suis, vous avez de la chance d’être quatre, venez on va à l’abri, je fais des sports de combat et je vous prends un par un, comme des hommes », leur aurait-il lancé.

« Agressif verbalement »

Le chanteur finit par remettre son passeport aux policiers qui souhaitent désormais l’interpeller. Un agent lui menotte la main droite, mais Ademo ne se laisse pas faire, les insulte copieusement. Plaqué au sol, maintenu par une clé de bras, le rappeur se débat. Un attroupement s’est formé autour des quatre fonctionnaires, des fans prennent sa défense, s’emportent verbalement contre les policiers qui « l’étranglent » sous les yeux de sa femme et leur enfant.

Emmené au commissariat du 14e arrondissement pour être placé en garde à vue, la situation reste tendue. Dans leur PV, les fonctionnaires assurent qu’Ademo aurait provoqué l’un des gardiens de la paix « en lui proposant de se retrouver sur un ring à Levallois-Perret pour un combat de boxe ». Il a passé 24 heures en garde à vue. Depuis, ni le chanteur ni ses avocats ne se sont exprimés sur le dossier.