Nice : Un transporteur bulgare condamné après un accident mortel sur l'A8

PROCES Le chauffeur du camion avait été tué ainsi que la passagère d’une autre voiture, morte calcinée

20 Minutes avec AFP
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Un poids-lourd (illustration)
Un poids-lourd (illustration) — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • Les freins du camion ont lâché au niveau du péage Saint-Isidore de Nice.
  • Le patron de l’entreprise de transport a également été condamné à 5.000 euros d’amende pour « homicide involontaire par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité », sa société Diskra EOOD devra verser 50.000 euros.

Les freins avaient lâché à l’arrivée sur le péage de Saint-Isidore, à l’ouest de Nice. Un transporteur bulgare a été condamné à deux ans de prison avec sursis pour défaut d’entretien d’un semi-remorque qui avait provoqué un terrible accident pendant l’été 2014 sur l’autoroute A8. Il avait fait deux morts, dont le chauffeur du camion.

Le tribunal correctionnel est allé au-delà des réquisitions du parquet qui avait demandé un an de prison avec sursis. Dimitar Iliev Savov, 62 ans, patron de l’entreprise de transport, a également été condamné à 5.000 euros d’amende pour « homicide involontaire par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ». Sa société Diskra EOOD, basée à Kubrat dans le nord-est de la Bulgarie, devra verser 50.000 euros.

« Le poids lourd n’était pas entretenu. C’est pour cela qu’ils ont été condamnés. Le problème, c’est ce genre de matériel qui circule sur nos autoroutes alors qu’ils ne respectent pas nos normes », a commenté Me Nathalie Ruiz, avocate de la mère de l’autre victime. Morte calcinée, Elodie Cayzeele, 23 ans, n’avait pas pu s’extraire de la Peugeot 206 en feu percutée par le camion. Son père, brûlé, avait pu en être sorti par un témoin.

Un système de freinage « totalement hors d’usage »

L’expert judiciaire français avait conclu que le système de freinage était « totalement hors d’usage par défaut de maintenance préventive et curative ». « Dans l’Union européenne, les règles sont identiques et quand l’expert met en doute le contrôle technique bulgare, ça montre un préjugé envers les pays de l’Est. Je n’avais pas d’illusion, il fallait un coupable », estime au contraire Me Radost Veleva, qui avait plaidé la relaxe.

Selon elle, le chauffeur bulgare décédé à l’âge de 53 ans, Sevdalin Angelov, avait commis des infractions durant le mois et demi où il a roulé, causant une usure excessive et prématurée des freins, utilisés en mode manuel sans recours aux ralentisseurs auxiliaires.

Le soir du 19 juillet 2014, une file d’attente s’était formée devant cet important péage du contournement de Nice, précédée d’une forte pente de 4 km signalée en plusieurs langues étrangères. L’enquête a établi que le conducteur du poids lourd a tenté en désespoir de cause de diriger son camion contre les glissières de sécurité pour freiner.