Arrivée au palais de justice de Jacqueline Veyrac avec, à sa droite, son fils Gerard Veyrac, le vendredi 8 janvier 2021
Arrivée au palais de justice de Jacqueline Veyrac avec, à sa droite, son fils Gerard Veyrac, le vendredi 8 janvier 2021 — Lionel Urman/SIPA

ASSISES

Procès du rapt de Jacqueline Veyrac : « Pardonnez-nous… », le principal accusé avoue (finalement) à demi-mot

L'avocate générale a requis 30 années de prison à son encontre

  • Guiseppe Serena, principal accusé de l’enlèvement de Jacqueline Veyrac, en 2016 à Nice, a finalement reconnu lundi « une forte et totale responsabilité » tout en niant être l’instigateur du rapt.
  • L’avocate générale a requis trente années de prison à son encontre.
  • La magistrate a également demandé vingt-cinq ans de prison à l’encontre d’un SDF britannique et des peines de 18 et 20 ans pour les trois hommes de main du kidnapping.

Ce lundi matin, juste avant les réquisitions, Guiseppe Serena a demandé à prendre la parole. Après trois semaines de procès et après avoir toujours nié son implication, le principal accusé du rapt de Jacqueline Veyrac a finalement reconnu « une forte et totale responsabilité », tout en niant en être l’instigateur.

Une version qui n’a pas convaincu l’avocate générale. Elle a réclamé 30 ans de prison à l’encontre de cet Italien de 67 ans. « Selon moi, il est resté l’instigateur quoi qu’il dise », a déclaré Annie Brunet-Fuster, qui a également requis vingt-cinq ans de prison à l’encontre d’un SDF britannique, Philip Dutton, qui avait reconnu dès le début sa participation et des peines de 18 et 20 ans pour les trois hommes de main du kidnapping. La riche hôtelière avait été séquestrée pendant quarante-huit heures dans le coffre d’un utilitaire fin 2016.

« J’ai participé à toutes ces choses »

Devant les jurés ce lundi, Guiseppe Serena, invité par le président de la cour d’assises à préciser ses déclarations a indiqué qu’il n’avait « pas demandé de faire des enlèvements », mais qu’il avait « participé à toutes ces choses ». « J’ai assisté à des discussions. J’ai su presque tout ce qui se passait de A à Z », a aussi assuré le restaurateur ruiné, qui avait été en affaires avec la victime, dont il gérait un des restaurants.

Un de ses anciens compagnons était venu à la barre expliquer comment Guiseppe Serena avait été « atteint à son amour-propre » après en avoir eu le sentiment d’avoir été « viré » de cet établissement de Nice. Et il aurait voulu se venger, selon l’accusation. « Ce n’était pas la haine et pas non plus la soif de l’argent, s’est-il défendu. Oui, peut-être mon ego frustré, et le fait que le travail que j’avais fait ne valait plus rien du tout. »

« Il plaide coupable ? »

« Le temps est arrivé de dire "pardonnez-nous" à Mme Veyrac et sa famille pour ce qu’on leur a fait souffrir », a-t-il aussi ajouté. Dans un français teinté d’italien, il reconnaît donc avoir joué un rôle dans le rapt mais pas l’avoir imaginé, renvoyant cela à deux autres accusés : Philip Dutton, présent au procès et Enrico Fontanella, dont le cas a été disjoint en raison de problèmes de santé.

Des aveux en demi-teinte qui ont également fait tiquer les parties civiles. « Il plaide coupable ? », a demandé Me Luc Febbraro, l’avocat de Jacqueline Veyrac. Dans le box, Giuseppe Serena a fait signe que « oui » de la tête.