Procès du rapt de Jacqueline Veyrac: Les treize hommes accusés de l’enlèvement bientôt fixés

ASSISES Les réquisitions vont être prises ce vendredi, notamment à l'encontre de Giuseppe Serena, un restaurateur ruiné accusé d’être le « cerveau » de toute l’opération

Fabien Binacchi

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Jacqueline Veyrac au palais de justice de Nice le 8 janvier 2021 avec son fils et son avocat
Jacqueline Veyrac au palais de justice de Nice le 8 janvier 2021 avec son fils et son avocat — LIONEL URMAN/SIPA
  • Après trois semaines de procès, l’avocate générale va prendre ses réquisitions au procès des ravisseurs présumés de Jacqueline Veyrac.
  • Le commanditaire de cet enlèvement, qui avait conduit à la séquestration pendant quarante-huit heures de la femme d’affaires, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Pour les faits qui lui sont reprochés, il encourt la perpétuité. L’avocate générale, qui prendra ses réquisitions ce vendredi devant la cour d’assises, réclamera-t-elle la peine maximale à l’encontre de Giuseppe Serena ?

Depuis trois semaines, en tout cas, des témoignages convergent contre cet ancien restaurateur ruiné, accusé d’avoir organisé, en octobre 2016, le retentissent enlèvement de Jacqueline Veyrac. Il aurait été, selon un de ses anciens compagnons, « atteint à son amour-propre » après avoir eu le sentiment d’être « viré » d’un établissement niçois appartenant à la riche hôtelière.

La cour a cru à des aveux

Suffisant pour fomenter ce plan et pour avoir, également en 2013, organisé une première tentative de rapt avortée ? L’homme de 67 ans, la carrure toujours imposante malgré des problèmes de santé, a continué à nier à l’audience. Amputé d’un poumon après un cancer, souffrant de diabète et équipé d’un pacemaker, le sexagénaire natif de Salassa (près de Turin) avait bien surpris la cour en présentant ses « excuses », à « tante Jacqueline » qui venait de déposer, le 8 janvier, devant les jurés.

Des aveux ? « Je ne reconnais pas ma culpabilité », avait-il tout de suite rectifié, rejetant la faute sur Enrico Fontanella, un autre accusé dont le cas a été disjoint pour raisons de santé. Après les témoignages des douze autres hommes jugés en ce moment par la cour d’assises, c’est bien Giuseppe Serena qui apparaît comme le « cerveau » de l’opération.

Commanditaires et hommes de main

Avec sous ses ordres, tout un aréopage (présumé) de commanditaires et d’hommes de main enrôlés dans le quartier niçois des Moulins… par un recruteur apparu au procès en chaise roulante après une récente blessure par balle ! « Il nous a tous manipulés », a chargé Philip Dutton. Cet ancien soldat britannique devenu SDF est le seul à avoir vraiment reconnu son implication dans l’enlèvement et dans la tentative de 2013.

Depuis le box, il a aussi dédouané un autre accusé. L’ancien paparazzi Luc Goursolas, reconverti en détective privé, ne savait pas qu’il avait été chargé d’équiper le véhicule de Jacqueline Veyras de balises GPS en vue d’un enlèvement. Il croyait agir dans le cadre d'une affaire d’adultère. Tous seront fixés avec le verdict, qui devrait être prononcé mercredi.