Val-d’Oise : Enquête ouverte pour « violences » après la fausse couche d’une femme accusant une policière

INVESTIGATIONS Une enquête a été ouverte pour « violences (…) par personne dépositaire de l’autorité publique et sur personne vulnérable en raison de son état de grossesse »

20 Minutes avec AFP

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Des véhicules de police. (Illustration)
Des véhicules de police. (Illustration) — Thibaut Gagnepain / 20 Minutes

Après la fausse couche d’une jeune femme à Garges-lès-Gonesse ( Val-d’Oise), qui accuse  une policière de l’avoir poussée, le parquet de Pontoise a ouvert une information judiciaire pour « violences », ce jeudi, a-t-il indiqué, confirmant une information du Monde.

Une information judiciaire contre X, confiée à un juge d’instruction, pour « violences (…) par personne dépositaire de l’autorité publique et sur personne vulnérable en raison de son état de grossesse ».

Le parquet n’a pas retenu la qualification « mutilation permanente »

« Je considère que c’est une avancée essentielle, a réagi l’avocat de la jeune femme, Vincent Brengarth. Il est indispensable que ce soit un magistrat instructeur qui prenne les choses en main ». Il s’est toutefois montré « insatisfait » que le parquet n’ait pas retenu la qualification criminelle de « mutilation permanente », soit la perte du fœtus consécutive aux violences présumées, mise en avant dans la plainte avec constitution de partie civile déposée la semaine dernière au nom de sa cliente prénommée Debora.

L’information judiciaire a aussi été ouverte pour violences par personne dépositaire de l’autorité publique et en réunion sur la cousine de la jeune femme, a précisé le parquet. Le 10 décembre, Debora, 23 ans et enceinte de quatre mois et demi, se trouvait dans un centre commercial de la ville avec sa cousine de 22 ans.

La policière auditionnée par l’IGPN

Elle a raconté lundi devant la presse qu’une policière les avait verbalisées pour défaut de port du masque. Plus tard, cette fonctionnaire a « attrapé » sa cousine afin de l’interpeller pour « outrage ». Puis elle « m’a attrapée par le bras, m’a poussée contre le mur trois fois violemment », a poursuivi la jeune femme. A l’issue de leur garde à vue, les deux femmes ont été convoquées devant la justice en juillet pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique, selon une source proche de l’enquête.

« Dans la nuit, j’ai commencé à ressentir des douleurs » qui se révéleront être des contractions, a retracé Debora. Après plusieurs consultations médicales, elle a été hospitalisée en urgence deux jours après les faits et a accouché le 21 décembre d’une petite fille morte née. « Ma cliente conteste catégoriquement avoir commis la moindre violence contre la plaignante et elle attend sereinement son audition par l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) ainsi que l’examen de l’ensemble des éléments », a déclaré l’avocat de la policière, Thibault de Montbrial.