Meurtre du petit Jonathan : Un suspect allemand extradé en France 17 ans après le crime

JUSTICE Ce criminel, déjà incarcéré en Allemagne, aurait reconnu l’enlèvement et le meurtre de Jonathan Coulom en 2004 près de Saint-Nazaire

F.B. avec AFP

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Jonathan Coulom avait été enlevé dans un centre de vacances en 2004
Jonathan Coulom avait été enlevé dans un centre de vacances en 2004 — FRANK PERRY / AFP

Le mystère entourant l’affaire Jonathan se lève à mesure que la piste du tueur allemand se renforce. Martin Ney, détenu en Allemagne après avoir commis plusieurs enlèvements et meurtres d’enfants, doit en effet être remis vendredi aux autorités françaises pour être entendu sur la mort de cet écolier français de 10 ans enlevé en 2004 dans un centre de vacances de Saint-Brévin, en Loire-Atlantique​, a-t-on appris de sources judiciaires.

« Il arrive vendredi. Il va être incarcéré dans l’attente de son interrogatoire de première comparution devant le juge d’instruction », a indiqué le parquet général de Rennes. Le juge d’instruction nantais décidera alors d’une éventuelle mise en examen dans cette affaire vieille de près de 17 ans.

Des aveux à un détenu

Un mandat d’arrêt européen avait été délivré contre l’Allemand Martin Ney, en octobre 2019. L’hypothèse de sa responsabilité est, parmi d’autres, explorée de longue date par les enquêteurs et cette piste a été relancée en avril 2018 par des aveux indirects, entre détenus. Le codétenu de Martin Ney avait alors affirmé avoir recueilli les aveux de ce criminel, déjà condamné à perpétuité en 2012 pour le meurtre de trois enfants dans le nord de l’Allemagne et plusieurs abus sexuels.

Le juge d’instruction entendra Martin Ney « sans doute dans le courant de la semaine prochaine », a précisé Me Catherine Salsac, avocate de la mère de Jonathan.

« Cette piste est privilégiée depuis le départ », a-t-elle ajouté car « les enquêteurs avaient trouvé des similitudes entre les modes opératoires » mais « la procédure s’est accélérée ensuite lorsqu’il a avoué à son codétenu qu’il était venu en France et qu’il était sans doute responsable de l’enlèvement de Jonathan ».

Le corps retrouvé au fond d’un étang

Jonathan, originaire du Cher, avait été enlevé dans la nuit du 6 au 7 avril 2004 dans un centre de vacances de Saint-Brévin-les-Pins, près de Saint-Nazaire. Son cadavre avait été découvert nu après six semaines de recherche, le 19 mai, ligoté et lesté d’un parpaing dans un étang proche de Guérande à 25 km du lieu de l’enlèvement. L’enquête avait ensuite patiné, malgré la réalisation de plus de 1.500 prélèvements ADN. La piste du criminel allemand existait depuis 2011, sans pouvoir être confirmée.

« On est dans la sérénité, on n’est pas dans l’impatience. Il s’est passé 17 ans donc il y a un certain recul, il y a toujours une souffrance bien sûr mais elle n’est plus la même », a déclaré Me Salsac, soulignant que sa cliente avait besoin « d’avoir un nom, un visage et un procès » pour « pouvoir faire son deuil ».