Lille : Un ancien infirmier condamné après la mort d’un patient opéré du cœur

PROCES La victime était décédée d’un arrêt cardiaque après une injection de plasma effectuée par l’infirmier

20 Minutes avec AFP

— 

Illustration d'un bloc opératoire
Illustration d'un bloc opératoire — M.Libert/20 Minutes
  • En 2011, un homme est mort d’un arrêt cardiaque dans une clinique privée de Lille après une opération du cœur.
  • Une injection de plasma effectuée par un infirmier après l’opération est à l’origine du décès.
  • L’infirmier a été reconnu coupable d’homicide involontaire et condamné. Le directeur de la clinique de l’époque a été relaxé.

Ce mercredi, un ancien infirmier a été condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis, pour homicide involontaire. Il était accusé d’être à l’origine du décès d’un patient, en 2011, à la suite d’une opération à la polyclinique du Bois, à Lille. Le directeur de l’établissement de l’époque, lui, a été relaxé.

Le tribunal correctionnel de Lille a estimé que l’infirmier, aujourd’hui âgé de 47 ans, avait commis une faute simple, en injectant, après un pontage coronarien, du plasma coagulé qui a entraîné une embolie puis un arrêt cardiaque. Le plasma, décongelé au bain-marie, aurait trop chauffé. Reconnu coupable d’homicide involontaire, il devra effectuer une année de détention à domicile sous surveillance électronique. Il a par ailleurs interdiction d’exercer le métier d’infirmier pendant cinq ans.

« Mon client paie pour la légèreté de la clinique »

« On n’est pas content que l’hôpital, via son directeur qui le représente, soit relaxé », a réagi, Catherine Desbuquoit, l’une des filles de la victime qui était âgée de 67 ans, déplorant que l’infirmier « prenne l’intégralité des charges ».

« Il est responsable de son décès, mais l’hôpital aurait dû prendre ses responsabilités », a-t-elle ajouté, dénonçant un « manque d’effectifs et du matériel obsolète ». « Pour réchauffer du plasma, il faut du matériel à la pointe, il en va de la vie du patient, ce n’était pas le cas ».

Quelques mois plus tard, c’était sa sœur, ancienne salariée de la clinique, qui avait appris fortuitement qu’un audit de l’Agence régionale de santé était en cours. Elle avait fini par découvrir le lien avec le décès de leur père, le 10 mars 2011, et avait déposé une plainte.

« Mon client paie pour la légèreté de la clinique », a estimé l’avocate de l’infirmier, maître Juliette Delcroix. « On veut un responsable, je peux le comprendre pour la famille, mais je ne comprends pas qu’on condamne sur la base de déclarations contestées par mon client et par d’autres membres de l’équipe médicale ce jour-là », a-t-elle ajouté. « Il n’y a pas eu d’autopsie, le lien de causalité [entre le geste reproché à son client et le décès] n’est pas établi de manière certaine ».