Maurice Agnelet, condamné pour l’énigmatique assassinat d’Agnès Le Roux, est mort

MYSTERE L’héritière du casino le Palais de la Méditerranée à Nice a disparu à la Toussaint 1977 à l’âge de 29 ans. Son corps n’a jamais été retrouvé

20 Minutes avec AFP

— 

Maurice Agnelet sortant du tribunal de Rennes, le 10 avril 2014.
Maurice Agnelet sortant du tribunal de Rennes, le 10 avril 2014. — David Vincent / AP

Il est parti avec une partie des secrets d’une célèbre affaire sans cadavre. Maurice Agnelet, condamné en 2014 pour l’assassinat de la riche héritière niçoise Agnès Le Roux, est mort le 12 janvier d’un arrêt cardiaque en Nouvelle-Calédonie, a-t-on appris mercredi auprès de l’un de ses avocats Me François Saint-Pierre. Il y avait rejoint son fils après sa libération le 24 décembre pour raisons médicales.

Son fils, Thomas Agnelet, a confirmé l’information à Mediapart en indiquant l’avoir « trouvé au matin dans son lit, il était mort dans son sommeil ».

La « guerre des casinos »

Agé de 82 ans, Maurice Agnelet avait obtenu en septembre du tribunal d’application des peines de Caen une suspension de peine pour raison médicale. Sa libération avait été retardée par le parquet qui avait fait appel de cette décision, estimant que « la libération anticipée pour raison médicale n’est pas justifiée ». « Dans les derniers temps, il avait beaucoup faibli physiquement, il avait des problèmes de santé, et mentalement, il allait de plus en plus mal. C’est indigne de l’avoir gardé si longtemps », a réagi Me Saint-Pierre.

Maurice Agnelet avait été condamné en 2014 à vingt ans de réclusion pour avoir tué l’héritière du casino le Palais de la Méditerranée à Nice, qui avait disparu à la Toussaint 1977 à l’âge de 29 ans, dans un contexte de « guerre des casinos » niçois. A l’époque, Maurice Agnelet, qui était avocat et qui fut un temps son amant, était proche de Jean-Dominique Fratoni, patron d’un casino concurrent. Il a toujours clamé son innocence.

Non-lieu, acquittement puis condamnation

Après avoir bénéficié d’un non-lieu en 1985, il avait été acquitté en 2006 lors d’un premier procès, après le revirement d’un témoin capital, puis condamné en appel à vingt ans l’année suivante pour l’assassinat d’Agnès Le Roux, dont le corps n’a jamais été retrouvé.

En 2013, la Cour européenne des droits de l’Homme avait estimé que ce procès n’avait pas été équitable, le verdict n’ayant pas été motivé. Un troisième procès s’était par conséquent tenu à Rennes en 2014, au terme duquel il avait été à nouveau condamné à vingt ans. En juillet 2015, la Cour de cassation avait rejeté son pourvoi, rendant la condamnation définitive. En 2014 l’affaire Le Roux avait été raconté dans L’homme qu’on aimait trop, un film d’André Téchiné. Guillaume Canet y interprète le rôle de Maurice Agnelet.