Des proches de Sophie Le Tan avait déposé son portrait devant le tribunal de Strasbourg en octobre 2019.
Des proches de Sophie Le Tan avait déposé son portrait devant le tribunal de Strasbourg en octobre 2019. — G. Varela / 20 Minutes

ENQUETE

Affaire Sophie Le Tan : Jean-Marc Reiser a avoué le meurtre de l'étudiante strasbourgeoise

Cela fait plus de deux ans que le principal suspect niait avoir tué la jeune fille en septembre 2018

Jusque-là, Jean-Marc Reiser avait toujours nié. Toujours nié être l’auteur du meurtre de Sophie Le Tan. L’étudiante strasbourgeoise avait disparu en septembre 2018 et son corps retrouvé en octobre 2019 dans une forêt près de Rosheim, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Strasbourg.

Le principal suspect dans cette affaire est passé ce mardi à des aveux complets. « Lors de son interrogatoire de ce jour, Jean-Marc Reiser a reconnu son implication exclusive dans le décès de la jeune étudiante, décès survenu dans son appartement le jour de la disparition de cette dernière », a indiqué le procureur de la République de Strasbourg, Yolande Renzi, dans un communiqué.

« Il a également admis avoir démembré le corps de la victime afin d’en faciliter le transport puis l’avoir dissimulé en forêt là où il n’avait été découvert que le 23 octobre 2019. L’information judiciaire se poursuit au vu de ces nouveaux éléments », a encore écrit la magistrate, qui recevait le principal suspect à sa demande. Selon une source proche du dossier citée par l’AFP, M. Reiser a affirmé qu’il ne voulait pas tuer la jeune fille dans un premier temps. Il a fait état d’une dispute et dit : « Je ne voulais pas la tuer mais je l’ai tuée. »

Des preuves semblaient l’accabler, comme cette scie retrouvée dans sa cave portant l’ADN de la victime. Malgré cela, il avait continuellement clamé son innocence et dénonçait un « échafaudage de suppositions ». Le prévenu avait juste admis avoir croisé Sophie Le Tan le jour de sa disparition, elle qui venait à l’origine visiter un appartement à Schiltigheim.

« Ça n’atténue en rien la grave douleur de la famille »

« Toutes les preuves existaient contre lui grâce au travail énorme des policiers et des magistrats », a réagi auprès de 20 Minutes Me Gérard Welzer, l’avocat de la famille de Sophie Le Tan. « Le fait qu’il avoue est une bonne chose mais sa culpabilité avait été démontrée durant l’enquête », a poursuivi le conseil en avouant néanmoins sa surprise. « Non, je ne m’y attendais pas, compte tenu des nombreux mensonges M. Reiser s’était fendu. Peut-être que ses aveux éviteront des longueurs de procédure mais il ne peut pas avoir de soulagement dans ce genre d’affaire. Ça n’atténue en rien la grave douleur de la famille, qui n’avait aucun doute sur sa culpabilité. »

Par ailleurs, plus de trente ans après la disparition inexpliquée d’une représentante de commerce, Françoise Hohmann, le parquet de Strasbourg avait rouvert le dossier en février dernier avec en ligne de mire Jean-Marc Reiser, acquitté faute de preuves en 2001 dans cette vieille affaire. Le dernier client à qui Françoise Hohmann avait rendu visite avant sa disparition en 1987, dans le quartier de Hautepierre à Strasbourg, était Jean-Marc Reiser.