Le fronton d'un palais de justice. (illustration)
Le fronton d'un palais de justice. (illustration) — SICCOLI PATRICK/SIPA

EFFET APERO

Coronavirus en Indre-et-Loire : Les organisateurs d’une fête clandestine condamnés à des travaux d’intérêt général

L’organisateur, un DJ de 23 ans, devra effectuer 210 heures de travaux d’intérêt général

Le DJ organisateur d’une fête clandestine qui avait rassemblé en décembre plus d’une centaine de personnes à Montlouis-sur-Loire ( Indre-et-Loire), en plein état d’urgence sanitaire, a été condamné vendredi à 210 heures de travail d’intérêt général (TIG) pour « mise en danger de la vie d’autrui ». La justice a également confisqué l’ordinateur et le téléphone portable du mis en cause, âgé de 23 ans, qui s’est vu infliger une amende de 200 euros.

Sa complice, à qui la justice reprochait d’avoir permis la fourniture du local, une cave troglodytique dans la banlieue de Tours, a elle écopé de 140 heures de TIG. Le parquet avait requis quatre mois de prison avec sursis et 210 heures de TIG pour le DJ, 140 heures pour sa complice. Tous deux disposent d’un casier judiciaire vierge. « Ce ne sont pas les ennemis publics numéro 1, mais ce soir-là, vous n’avez pas œuvré pour (…) la santé publique », a déclaré à l’audience la vice-procureure de la République de Tours, Delphine Amacher, invoquant une attitude « irresponsable » et un risque « déraisonnable ».

La « mise en danger de la vie d’autrui » pas caractérisée pour les avocats

Dans leurs plaidoiries, les avocats de la défense ont demandé la relaxe pour le chef de « mise en danger de la vie d’autrui », en invoquant la définition juridique de ce délit («exposer directement autrui à un risque immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente »), non caractérisé selon eux. Pour les avocats, la contamination par le coronavirus restait une simple potentialité dont les conséquences n’étaient de toute façon pas immédiates.

Dans la nuit du 12 au 13 décembre 2020, le DJ avait organisé une soirée dont l’ampleur lui avait échappé une fois l’invitation partagée sur les réseaux sociaux. Le jeune père de famille a invoqué pour sa défense des « difficultés financières » et l’opportunité de gagner un peu d’argent alors qu’il était privé de travail depuis la fermeture des boîtes de nuit en mars. La soirée clandestine, organisée sans mesure sanitaire particulière et dans un lieu particulièrement mal aéré, avait été interrompue par une patrouille de gendarmerie, alertée par le nombre de voitures garées sur un parking de supermarché en pleine nuit.