Rouen : Il avait tabassé et dépouillé un homosexuel à la sortie d’une boîte de nuit, six ans de prison ferme

HOMOPHOBIE « Il a une intolérance quasi viscérale à l’homosexualité », a déclaré l’avocat général au sujet du principal accusé

20 Minutes avec agences

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Dans un tribunal (illustration)
Dans un tribunal (illustration) — Jean-Marc Quinet/ISOPIX/SIPA

Il avait roué de coups, séquestré et dépouillé un homosexuel à la sortie d’une boîte de nuit en 2018 à Rouen. Un homme a été condamné mercredi à six ans de prison ferme à l’issue d’une audience devant le tribunal de Seine-Maritime.

La décision a été assortie de l’interdiction de détenir une arme pendant cinq ans. L’avocat général avait requis sept ans de prison, dont deux avec sursis. « Il s’agit d’un délinquant chevronné au parcours chaotique, fait de violences, de vol, d’extorsion. Il a une intolérance quasi viscérale à l’homosexualité », avait-il déclaré.

« Extorquer des pédés »

Quatre ans de prison, dont un avec sursis, ont également été prononcés à l’encontre d’un second mis en cause, qui a aussi interdiction de détenir une arme pendant cinq ans. L’avocat général avait requis à son encontre quatre ans de prison, dont deux avec sursis. « C’est un garçon rangé, inséré dans la vie. Il a eu un rôle en retrait, il n’est pas le meneur, mais il avait tout le loisir de résister », avait souligné l’avocat général.

« La circonstance aggravante de l'homophobie doit être retenue contre les deux accusés. Il s’agissait d’extorquer, excusez-moi du terme, des pédés. Un projet criminel clair et précis. Un traquenard », avait-il ajouté.

Des insultes homophobes

Les faits s’étaient produits en octobre 2018 à la sortie d’une discothèque. Un homme de 34 ans avait porté plainte contre X après avoir été tabassé, séquestré, et avoir subi de nombreuses insultes homophobes dans une voiture dans laquelle il était monté de son plein gré. Ses agresseurs lui avaient également extorqué 800 euros.

A l’audience, le second accusé a reconnu avoir porté des coups à la demande du principal accusé, dont il avait « peur », et avoir proféré des insultes à caractère homophobe. « Mon client a fait état de menaces contre sa famille pendant l’instruction pour qu’il se taise. Son casier est vierge », a plaidé son avocat, Me Etienne Noël.

« Je me suis déchaîné sur lui »

« Dans la voiture, la victime a posé la main sur ma cuisse au niveau de l’entrejambe. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Je me suis déchaîné sur lui en lui portant des coups », a déclaré le principal agresseur, précisant que c’est lui qui a « porté le plus de coups ».

Les deux hommes ont dix jours pour faire appel.