Procès du rapt de Jacqueline Veyrac : L’un des principaux accusés, ex-militaire britannique, assure avoir été « manipulé »

ASSISES Philip Dutton, 52 ans, est le seul des 13 accusés à reconnaître sa participation à l’enlèvement et désigne un restaurateur italien ruiné comme le cerveau de l’affaire

F.Bi. avec AFP

— 

Jacqueline Veyrac et son avocat Luc Febbraro, le 8 janvier 2020 au palais de justice de Nice
Jacqueline Veyrac et son avocat Luc Febbraro, le 8 janvier 2020 au palais de justice de Nice — LIONEL URMAN/SIPA

« Il nous a tous manipulés » : reconnaissant sa participation à l’enlèvement de Jacqueline Veyrac, le Britannique Philip Dutton, un ex-soldat devenu SDF de 52 ans, a désigné jeudi Giuseppe Serena, restaurateur italien ruiné, comme le cerveau du kidnapping.

Homme-clé de l’enquête, il est le seul à reconnaître sa participation au rapt de la riche hôtelière, 80 ans, près de chez elle en 2016, ainsi qu’à une première tentative en 2013. Dans les deux cas, Giuseppe Serena, 67 ans, qui nie, est considéré comme le commanditaire. « Il avait du charisme, semblait bien organisé. Il nous a tous manipulés », a affirmé Philip Dutton jeudi pour expliquer au tribunal sa participation.

Philip Dutton assure avoir été enrôlé par un ami d’enfance

Au neuvième jour du procès, qui doit se terminer le 29 janvier, il a aussi tenté de dédouaner Luc Goursolas, ancien paparazzi niçois devenu détective privé qui avait posé des balises GPS sous le 4x4 de la victime, affirmant qu’il ne savait « rien » du projet d’enlèvement.

Philip Dutton dit avoir été enrôlé par un ami d’enfance de Giuseppe Serena. « Il était obsédé », affirme le Britannique, qui dit avoir passé des mois à surveiller les sorties de Jacqueline Veyrac pour le compte de l’Italien sans « aucune idée de la date de l’enlèvement ». « Menteur », s’emporte le restaurateur. « Il y a une grande différence entre ceux qui assument et les lâches », lui répond alors Philip Dutton.