Coronavirus dans les Alpes-Maritimes : Quatre communes dénoncent « les effets pervers » du couvre-feu à 18 h

TRIBUNAL ADMINISTRATIF Des municipalités de l’ouest du département ont dénoncé des « atteintes aux libertés fondamentales », lundi devant le tribunal administratif

Elise Martin

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Le tribunal administratif de Nice.
Le tribunal administratif de Nice. — E.Martin / ANP / 20 Minutes
  • Quatre communes de l’ouest du département dénoncent les « effets pervers » d’un couvre-feu à 18 h.
  • La préfecture des Alpes-Maritimes a rejeté le référé liberté en estimant que la mesure était nécessaire au vu de la situation sanitaire.
  • Le juge des référés donnera sa décision ce soir.

« On se demande quels sont les effets positifs de cette mesure », a lancé Me Xavier Bigas représentant les municipalités de Cannes, Antibes, Grasse, Villeneuve-Louvet et l’Union des métiers des industries de l’hôtellerie devant le juge des référés, lundi matin au  tribunal administratif de Nice.

Depuis le 2 janvier, le couvre-feu est avancé à 18 h pour toutes les communes des Alpes-Maritimes. Une mesure que contestent quatre municipalités en évoquant « les effets pervers » que peut avoir cet arrêté. Elles estiment que la mesure est « inadaptée, disproportionnée » et questionnent « son efficacité ». « Les afflux de personne sont plus difficilement maîtrisables, que ce soit pour les commerçants ou dans les transports en commun », a évoqué Me Xavier Bigas.

À ces arguments, Élisabeth Mercier, représentante du préfet, a rappelé « le contexte gravissime » de la situation sanitaire en soulignant que cette décision avait été prise sous les « instructions du Premier ministre et la stratégie nationale en fonction des indicateurs locaux après les fêtes de fin d’année » pour quinze départements le 2 janvier et bientôt huit supplémentaires.

Concernant l’affluence dans les transports en commun, « ils ne présentent pas un lieu de risque de contamination », a-t-elle répondu en citant une étude de l’Institut Pasteur.

« La vie fonctionne »

Élisabeth Mercier était accompagnée du directeur de l’Agence régionale de santé, Romain Alexandre. Il est revenu sur le caractère « atypique » de la situation du département, avec un taux d’incidence à 350 cas confirmés pour 100.000 habitants, en mentionnant qu’aucun « microterritoire n’était épargné » et ce, « depuis le 18 décembre ».

« Qu’en serait-il sans cette mesure ? », s’interroge-t-il, après avoir rappelé les chiffres des hospitalisations qui ne cessent d’augmenter. « Le but reste d’éviter les déprogrammations d’autres opérations ».

Du côté des villes représentées, l’adjoint à la mairie de Cannes et chef du service imagerie à l’hôpital, Frank Chikli, a pris « la parole avec [sa] raison plutôt qu’avec [son] cœur ». « La maladie, je la connais bien. Nous devons à tout prix éviter les contaminations et par conséquent, les concentrations de personnes. Il faut étaler cette population et lui permettre plus de temps pour rentrer après le travail. S’il y avait des lieux ouverts comme les bars ou les restaurants, je comprendrais. Mais actuellement, les gens n’ont d’autres loisirs que de rentrer chez eux ».

Pour Élisabeth Mercier, « les personnes qui travaillent ou les écoliers bénéficient d’une attestation de dérogation s’ils veulent prendre plus de temps ». Elle a assuré : « Nous savons que cette situation contraint la population. Mais elle est suivie chaque jour et si les circonstances s’atténuent, elle pourra être réexaminée sans difficulté ». Avant de conclure : « Le couvre-feu est moins contraignant qu’un confinement. La vie fonctionne. Les citoyens peuvent faire des achats, profiter des dimanches au mois de janvier où les commerces sont ouverts. La vie s’organise autrement. C’est une mesure d’équilibre pour une préservation d’une vie quasi-normale, une préservation économique et de la population ».

Le juge des référés devrait rendre sa décision dans la soirée ce lundi.