Pesticides: La société Triskalia reconnue coupable de faute inexcusable après le suicide d'un salarié

TRAVAIL Un homme s'était donné la mort en 2014 sur le site de l’entreprise Nutréa-Triskalia, à Plouisy, dans les Côtes d'Armor

C.A. avec AFP

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Illustration de la lutte contre l'usage des pesticides ici lors d'une manifestation à Rennes.
Illustration de la lutte contre l'usage des pesticides ici lors d'une manifestation à Rennes. — Camille Allain / 20 Minutes

La cour d’appel de Rennes a reconnu mercredi la faute inexcusable de l’entreprise Nutréa-Triskalia après le suicide d’un salarié sur son lieu de travail en 2014 à Plouisy, dans les Côtes d'Armor. Gwénaël Le Goffic était chauffeur routier depuis vingt ans au sein de la coopérative agricole bretonne, qui comprend 18.000 agriculteurs et emploie près de 5.000 personnes quand il s’est donné la mort sur son lieu de travail. Connue pour ses marques comme Paysan Breton, Mamie Nova, Prince de Bretagne ou encore son enseigne Magasin Vert, la société s'appelle désormais Eureden, depuis sa fusion avec D’Aucy.

Pour statuer, la cour d’appel de Rennes s’est appuyée sur les nombreuses pièces fournies par la famille de la victime et de ses soutiens. D’après l’Union régionale Solidaires de Bretagne qui suit le dossier, le chauffeur subissait d’importantes pressions liées à la réorganisation du temps de travail mais surtout au transport de pesticides effectué sans protection.

Un conflit d’intérêts au sein du tribunal ?

Cette demande de condamnation avait pourtant été écartée en première instance par le tribunal de Saint-Brieuc en 2018. Pour les soutiens de la victime, la raison pourrait se cacher derrière un conflit d’intérêts flagrant. D’après le Collectif de soutien aux victimes de pesticides et l’Union régionale Solidaires de Bretagne, un des membres assesseurs du tribunal serait adhérent sociétaire de la coopérative Triskalia. Cet ancien agriculteur aurait eu à examiner plusieurs affaires liées aux pesticides ces dernières années, dont plusieurs sont en lien avec Triskalia.

Le syndicat et le collectif font référence à une audience du 8 octobre dernier à Saint-Brieuc au cours de laquelle était examinée la demande d’un ex-salarié, atteint d’une maladie professionnelle et victime d’intoxication par des pesticides, de voir reconnaître la faute inexcusable de son employeur, la coopérative Nutréa-Triskalia. Cette demande a été rejetée le 10 décembre dernier. Le salarié a fait appel de cette décision.