Toulouse : L’imam d’Empalot renvoyé en correctionnelle pour « incitation à la haine » après ses propos sur les juifs

RELIGION Mohamed Tataiat, l’imam de la mosquée d’Empalot, vient d’être renvoyé devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour incitation à la haine raciale suite à un prêche controversé sur les juifs prononcé le 15 décembre 2017

Béatrice Colin

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La grande mosquée de Toulouse, à Empalot.
La grande mosquée de Toulouse, à Empalot. — ERIC CABANIS / AFP
  • En juin 2018, le prêche d’un imam toulousain prononcé six mois plus tôt crée la polémique.
  • Cet hadith jugé antisémite vaut à l’imam sa mise en examen et aujourd’hui son renvoi en correctionnelle pour « incitation à la haine raciale ».
  • Son avocat annonce qu’il demandera la relaxe, le rapport d’expertise contredisant selon lui la thèse de « l’incitation à la haine raciale ».

En juin 2018, le prêche d’un imam toulousain remontant au mois de décembre précédent soulevait une vive polémique à Toulouse. Le responsable religieux de la mosquée d’Empalot, Mohamed Tataiat, aussi écrit Tataï, était pointé du doigt pour avoir repris le 15 décembre 2017  hadith jugé antisémite qui évoque la bataille finale.

Après l’ouverture d’une information judiciaire pour « provocation publique, par parole, à la haine ou à la violence en raison de l’origine, de l’ethnie, la nation, la race ou la religion » et « provocation publique, au moyen de communication au public par voie électronique, à la haine ou à la violence en raison de l’origine, de l’ethnie, la nation, la race ou la religion », l’imam était mis en examen. Selon une information de La Dépêche du Midi, confirmé par son avocat à 20 Minutes, Mohamed Tataiat vient d’être renvoyé devant le tribunal correctionnel pour « incitation à la haine raciale ».

Rapport d’expertise de la traduction

« Monsieur Tataiat est surpris par ce renvoi. Le rapport d’expertise considère qu’il n’y a pas de propos de quelque nature que ce soit pouvant prêter à l’incitation à la haine. Nous allons plaider la relaxe », avance Jean Iglésis, l’un de ses défenseurs. Pour ce dernier, cette affaire intervient dans « un contexte sociétal », plaidant que son client était « connu pour être une personnalité modérée, ayant toujours d’excellents rapports avec la communauté juive ».

« Il n’a pas le profil qu’on veut lui prêter. Ce dossier va soulever plus de questions qu’il ne va donner de réponses, il y a des éléments de droit, de traduction et il faut voir ce qu’on peut dire dans un prêche, que l’on soit un prêtre, un imam ou un rabbin », assure son avocat.

Formé à Paris et installé en France depuis plus de trois décennies, l’imam d’Empalot avait été dans un premier temps soutenu par le recteur de la Grande mosquée de Paris, avant d’être lâché par Dalil Boubakeur. A plusieurs reprises, il a présenté ses excuses à la communauté juive toulousaine qui lui a reproché son « double discours ». La Licra et l’Union des étudiants juifs de France avaient porté plainte lors de la révélation de ce prêche sur les réseaux sociaux.