Belfort : Une information judiciaire ouverte après une rixe impliquant un fils de policier

ENQUETE L’enquête devra déterminer les circonstances précises de la rixe. A ce stade, il n’est « nullement établi qu’aurait été expressément reproché à une personne de confession musulmane de célébrer la fête chrétienne de Noël », a indiqué le procureur

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'un brassard de police.
Illustration d'un brassard de police. — FREDERICK FLORIN / AFP

Une information judiciaire a été ouverte, ce lundi, pour « confirmer les circonstances de déclenchement de la rixe » impliquant un fils de policier le jour de Noël à Belfort, a annoncé le procureur de la République, déplorant la circulation d'« information inexactes ».

Un jeune homme de 20 ans, fils de policier, avait posté le 25 décembre une photo de son repas de fête sur un réseau social. Un de ses contacts, âgé de 18 ans, lui aurait demandé s’il fêtait Noël, puis la conversation aurait dégénéré en injures, a précisé le procureur, Eric Plantier, dans un communiqué.

Des informations « parcellaires ou inexactes » autour de l’affaire

Un rendez-vous avait alors été fixé, auquel le plaignant, déterminé à « régler le problème », s’était rendu accompagné de deux ou trois personnes. Il avait retrouvé son interlocuteur, lui-même accompagné de trois personnes, dont deux frères. Le plaignant et les deux frères avaient alors été impliqués dans la rixe, toujours selon le procureur. A ce stade, il n’est « nullement établi qu’aurait été expressément reproché à une personne de confession musulmane de célébrer la fête chrétienne de Noël », a-t-il spécifié.

« Le déchaînement verbal puis le rendez-vous fixé semblent davantage relever d’une question d’égo, le plaignant estimant que son contact, moins âgé que lui, lui avait manqué de respect, et non pas d’une volonté d’imposer à autrui des convictions religieuses », a encore souligné le magistrat. Après quatre jours d’enquête et l’audition de plusieurs personnes impliquées qui se sont toutes présentées spontanément aux enquêteurs, le procureur de la République a également déploré les « informations parcellaires ou inexactes susceptibles d’engendrer un trouble à l’ordre public » qui ont circulé sur cette affaire.

Un lien avec le métier de ses parents ?

« Il ne peut être affirmé que la qualité de fils de policier serait à l’origine des violences ou en aurait été un élément déterminant », a-t-il précisé. « Il est en outre acquis que le plaignant s’est délibérément présenté au rendez-vous pour régler ses problèmes "comme un homme". Il n’est donc pas permis d’affirmer qu’il serait tombé dans un guet-apens », a-t-il souligné. L’information judiciaire devra permettre d’identifier le deuxième et l’éventuel troisième accompagnateur du plaignant, ainsi que le troisième accompagnateur de son interlocuteur.

Elle devra également identifier l’auteur des propos à caractère raciste proférés dans la conversation sur le réseau social, propos que le titulaire du compte dément avoir formulés lui-même. Cette information judiciaire fixera aussi une éventuelle interruption temporaire de travail (ITT) pour le plaignant, le quantum de 4 jours d’ITT précédemment évoqué n’étant « pas confirmé », selon le procureur.

« Circonstance « aggravante » : être fils de policiers »

Dimanche, à l’image du président des Hauts de France Xavier Bertrand, plusieurs élus avaient dénoncé sur Twitter cette agression au cours de laquelle « un fils de policier, musulman » a été « lâchement tabassé pour avoir fêté Noël ». « Face à tous ceux qui s’en prennent à notre mode de vie, à ce que nous sommes et qui veulent nous imposer leur idéologie, la réponse, tout d’abord pénale, doit être forte », a écrit Xavier Bertrand.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait lui réagi dès samedi soir : « Un jeune homme agressé parce qu’il aurait fêté Noël et ne serait pas un « bon arabe ». Circonstance « aggravante » : être fils de policiers. Pas de place pour le séparatisme dans notre pays, pas de place pour le racisme d’où qu’il vienne », avait-il écrit sur Twitter.