La banque peinturlurée se situe au centre-ville de Nice
La banque peinturlurée se situe au centre-ville de Nice — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

VICES DE PROCEDURE

Nice : Abandon des poursuites contre des militants accusés d’avoir dégradé une banque

Selon l'un des avocats, la notification tardive de leurs droits aux prévenus lors de leur garde à vue a notamment été retenue

Le procès n’aura pas lieu. Les poursuites contre neuf personnes, dont trois militants d’Attac et un d’Extinction Rebellion, accusées d’avoir sali la façade d’une banque à Nice le 29 octobre 2019, ont été abandonnées jeudi en raison de multiples vices de procédure.

« Il n’y a plus de poursuites, ni de procédure », a indiqué Me Benjamin Taïeb, qui avait soulevé plusieurs causes de nullité, dont la notification tardive de leurs droits aux prévenus lors de leur garde à vue. « Le dossier était bâclé par les enquêteurs », selon lui.

Poursuivis pour « dégradations » et « participation à un groupement en vue de la destruction de biens », les prévenus, dont des « gilets jaunes », avaient été placés 48 heures en garde à vue. Leurs domiciles avaient également été perquisitionnés.

Un devis de 12.000 euros pour la banque

Sur la façade de la principale agence Société générale de Nice, avenue Jean-Médecin, des pigments noirs avaient été ajoutés à du blanc de Meudon, pour dénoncer symboliquement les investissements sales dans les énergies fossiles contribuant au dérèglement climatique. La banque avait versé au dossier un devis de nettoyage de 12.000 euros. La peinture biodégradable s’effaçait à mains nues, selon les prévenus.

« Même si c’est une question de forme, cela confirme que ce procès n’aurait jamais dû se tenir », a salué Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac, venu les soutenir jeudi à Nice. « Ce ne sont pas des délinquants mais des militants, qui ont fait passer un message politique avec une action symbolique et les poursuites étaient disproportionnées ».