Nice : Quatorze accusés devant les assises pour l’enlèvement de Jacqueline Veyrac

PROCES La riche Niçoise, déjà victime d’une tentative d’enlèvement trois ans plus tôt, avait été séquestrée deux jours à l’arrière d’une fourgonnette

Michel Bernouin

— 

L'ancien gérant du restaurant La Réserve, propriété de la famille Veyrac, est accusé d'être le commanditaire de ce rocambolesque enlèvement
L'ancien gérant du restaurant La Réserve, propriété de la famille Veyrac, est accusé d'être le commanditaire de ce rocambolesque enlèvement — AFP
  • Le procès doit s’ouvrir le 4 janvier devant la cour d’assises des Alpes-Maritimes.
  • Parmi les accusés, un restaurateur italien soupçonné d’être le cerveau du rapt pour un vieux contentieux financier avec la victime.

Quatorze accusés et, face à eux, une riche octogénaire. Jacqueline Veyrac avait été enlevée près de son domicile, en plein centre de Nice le 24 octobre 2016, puis séquestrée deux jours à l'arrière d'une fourgonnette. Le procès de ses ravisseurs présumés doit s’ouvrir lundi dans la capitale azuréenne, devant la cour d’assises des Alpes-Maritimes. Quatre semaines d’audience sont prévues pour tenter d’éclairer le jury sur les rôles des différents protagonistes. A commencer par Giuseppe Serena, considéré par l’accusation comme le cerveau de l’affaire.

Ce restaurateur piémontais de 66 ans avait été le gérant, quelques années auparavant, du restaurant La Réserve, propriété de la famille Veyrac. Il avait perdu gros avec cette affaire mise en liquidation en 2009, et pourrait avoir voulu récupérer son argent en organisant le rapt crapuleux de Jacqueline Veyrac. Au moment de l’enlèvement, il avait le projet de racheter Coco Beach, un restaurant tout proche de La Réserve qui allait être ravagé par un incendie quelques mois plus tard. La transaction s’élevait à 2 millions d’euros. Précisément le montant de la rançon que les ravisseurs espéraient obtenir en échange de la libération de Jacqueline Veyrac.

« Tentative d’extorsion en bande organisée »

Giuseppe Serena, qui est depuis les faits en détention provisoire (ses demandes de libération n'ont jamais abouti) est poursuivi pour « complicité d’enlèvement et séquestration d’otage » et « tentative d’extorsion en bande organisée » notamment. « Il n’est poursuivi que pour complicité car il n’y a pas d’éléments directs pour dire que c’est lui l’instigateur, souligne son avocat Me Corentin Delobel. Il a juste reconnu le contentieux commercial avec Jacqueline Veyrac ».

Giuseppe Serena, qui nie en bloc depuis le début de l’affaire, renvoie les accusations sur son ancien ami et compatriote, Enrico Fontanella, qui était déjà impliqué dans une première tentative d’enlèvement de Jacqueline Veyrac, commise trois ans plus tôt.

« Serena essaie de trouver une échappatoire en balançant sur mon client, qui était hospitalisé au moment de l’enlèvement », rétorque Me Houdé Khadraoui Zgaren, qui interviendra en défense d’Enrico Fontanella. Ce dernier admet cependant ne pas être étranger à l’affaire : « il reconnaît que Serena avait fait appel à lui, oui, il s’en expliquera devant la cour d’assises comme il l’a fait devant le juge d’instruction ».

Si le procès a bien lieu et s’il y assiste. Car son état de santé, déjà précaire en 2016, se serait dégradé depuis. « Il est en chaise roulante, trois jours par semaine en dialyse, et il doit subir une opération chirurgicale mi-janvier. J’ai demandé une expertise sur son état de santé », précise son avocate.