Alpes : Le groupuscule d’extrême droite Génération identitaire relaxé pour son opération antimigrants

APPEL Le groupuscule d’extrême droite Génération identitaire a été relaxé par la cour d’appel de Grenoble pour son action antimigrants dans les Alpes en 2018

20 Minutes avec AFP

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Une veste « Défend Europe » de Génération identitaire, un groupuscule d'extrême droite.
Une veste « Défend Europe » de Génération identitaire, un groupuscule d'extrême droite. — ROMAIN LAFABREGUE / AFP
  • Génération identitaire, un groupuscule d’extrême droite, a été relaxé par la cour d’appel de Grenoble.
  • Ils avaient organisé une opération antimigrants en 2018 dans les Alpes, à la frontière franco-italienne.

Le groupe d’extrême droite Génération identitaire (GI) et trois de ses cadres ont été relaxés mercredi par la cour d’appel de Grenoble, dans l’affaire des opérations antimigrants menées en 2018 dans les Alpes, à la frontière franco-italienne. Il leur était reproché d’avoir « exercé une activité dans des conditions créant la confusion avec une fonction publique ».

En première instance, Clément Gandelin (dit Galant), Romain Espino et Damien Lefèvre (dit Rieu) avaient été condamnés en août 2019 à six mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Gap. En audience d’appel en octobre 2020, de la prison avec sursis avait été requise.

« Propagande politique »

Au printemps 2018, au col de l’Échelle près de Briançon, des militants de Génération identitaire vêtus de doudounes bleues ressemblant à celles de gendarmes avaient multiplié les démonstrations d’hostilité aux migrants à la frontière franco-italienne : patrouilles de nuit et déploiement d’une chaîne humaine très médiatisée sous la bannière « Defend Europe ».

Dans son arrêt de relaxe, que l’AFP a pu consulter, la cour d’appel estime que cette chaîne humaine était une action « purement de propagande politique », « à visée médiatique » et « annoncée comme telle ». Elle n’était donc pas « de nature à créer une confusion dans l’esprit du public avec l’exercice des forces de l’ordre ».

Patrouilles nocturnes

Quant aux patrouilles nocturnes, « quel que puisse être le regard porté sur de tels agissements, ceux-ci ne sont pas pour autant constitutifs d’actes répréhensibles », fait valoir la cour. Elle relève en effet qu'« aucun membre des forces de l’ordre interrogé » pendant l’enquête « n’a indiqué que ces patrouilles avaient contrôlé, retenu ou empêché de passer les migrants repérés ».

Ces derniers avaient été signalés par Génération identitaire à la police aux frontières (PAF) et parfois accompagnés jusqu’à ses locaux. « Aucun des migrants auditionnés n’avait indiqué avoir confondu ces individus avec les forces de l’ordre alors même qu’il s’agissait de personnes en détresse, affaiblies, maîtrisant peu ou pas le français », ajoute la cour.