Affaire Fiona : Cécile Bourgeon condamnée en appel à 20 ans de réclusion criminelle, Berkane Makhlouf à 18 ans

VERDICT Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, et son ancien compagnon Berkane Makhlouf ont été condamnés ce mercredi après-midi en appel à respectivement 20 ans et 18 ans de prison pour la mort de Fiona, en 2013

Caroline Girardon

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Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, à son arrivée au palais de justice de Lyon.
Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, à son arrivée au palais de justice de Lyon. — Jeff Pachoud / AFP
  • Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, et son ancien compagnon Berkane Makhlouf étaient jugés en appel devant les assises du Rhône depuis le 1er décembre pour la mort de Fiona, dont le corps n’a jamais été retrouvé.
  • Mardi, l’avocat général de la cour d’assises du Rhône avait requis la peine maximale à l’encontre de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf. A savoir trente ans de réclusion criminelle.
  • Cécile Bourgeon, condamnée à une peine plus sévère que Makhlouf, comparaissait libre après avoir purgé de cinq ans de réclusion en première instance.

A la cour d’assises du Rhône, à Lyon

Le verdict est tombé et a surpris dans la salle d’audience. Jugée en appel, Cécile Bourgeon, la mère de la petite Fiona, a été condamnée ce mercredi après-midi à 20 ans de réclusion criminelle pour la mort de son enfant. Une peine plus sévère que celle de son ancien compagnon Berkane Makhlouf, qui a écopé de 18 ans de prison.

La veille, l’avocat général de la cour d’assises du Rhône Joël Sollier avait requis à leur encontre la peine maximale, à savoir 30 ans de prison. Le magistrat avait par ailleurs demandé aux jurés de la « sévérité », précisant que Fiona n’avait plus qu’eux « pour la défendre ».

« Cécile Bourgeon n’a rien à faire dehors »

« Je pense que les peines sont justes, confie à l’issue du verdict Nicolas Chafoulais, le père de Fiona. Si ça ne tenait qu’à moi, ils auraient pris 30 ans tous les deux mais je suis très satisfait de ce verdict. Le plus important est qu’elle prenne plus que lui. Et ça, c’est… merveilleux. C’est un beau message envoyé ».

« Depuis le début, c’est elle (Cécile Bourgeon) qui est la principale instigatrice. C’est elle qui porte la culotte. Elle tape. Lui aussi. Ils sont tous les deux responsables, poursuit-il doucement devant une forêt de micros. Elle repart en prison, oui. Mais elle n’a rien à faire dehors. Lui non plus ».

Quelques mètres plus loin, Renaud Portejoie, l’avocat de l’accusée, avait la mine des mauvais jours, parvenant difficilement à masquer sa « déception ». « C’est une décision que je trouve absurde, juridiquement, factuellement, lâche-t-il dépité. C’est incompréhensible au regard des réquisitions de l’avocat général qui était venu soutenir qu’il n’y avait aucune preuve soutenant que Cécile Bourgeon avait pu porter des coups. Elle est sous le choc ».

Vers un cinquième procès ?

L’avocat a d’ailleurs annoncé, dans la foulée, qu’il allait formuler un pourvoi en cassation « notamment sur la question de la coaction » dès jeudi. « Il y aura immanquablement un cinquième procès Fiona », affirme-t-il sans attendre la réponse de la cour qui peut très bien rejeter ce pourvoi. Il déposera également dès jeudi une demande de remise en liberté pour sa cliente. Car Cécile Bourgeon, venue au tribunal le matin même avec sa valise, est repartie menottes aux poings en direction de la maison d’arrêt de Corbas.

Jean-Felix Luciani, le conseil de Berkane Makhlouf, en revanche, a indiqué que son client n’entendait pas se pourvoir en cassation. « Il est fatigué, il est seul, isolé. Cela compte certainement dans sa prise de décision. Aujourd’hui, son sentiment est d’en rester là », argumente-t-il, glissant ultérieurement que l’accusé ne souhaitait pas, non plus, faire subir à Nicolas Chafoulais, un éventuel cinquième procès.

Les deux semaines et demie de débats à Lyon n’auront toutefois pas permis d’éclaircir les nombreuses zones d’ombre qui subsistent dans le dossier, à commencer par l’endroit où Fiona a été enterrée (ou jetée, selon les convictions des parties civiles). Le mystère reste également entier sur ce qu’il s’est passé la nuit du drame, les explications des deux accusés étant contradictoires et très évasives. D’autant que tout s’est déroulé à huis clos.