Procès du meurtre de Cintia Lunimbu : Focalisé sur l’affaire Ranucci, Jean-Baptiste Rambla qualifie son crime de « monstrueux »

COUR D'ASSISES Le deuxième jour du procès du meurtre de Cintia Lunimbu, ce mardi à Toulouse, a été marqué par un long discours décousu de l’accusé, Jean-Baptiste Rambla

20 Minutes avec AFP

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Une allégorie de la justice. Illustration
Une allégorie de la justice. Illustration — Pixabay
  • En juillet 2017, Cintia Lunimbu, une jeune femme de 21 ans, était assassinée dans son appartement toulousain par un homme qu’elle n’avait jamais rencontré.
  • Le deuxième jour du procès du meurtre, ce mardi à Toulouse, a été marqué par un long discours décousu de l’accusé, Jean-Baptiste Rambla.
  • Ce dernier a surtout évoqué un sujet qui semble focaliser l’essentiel de son attention : le meurtre de sa sœur Marie-Dolorès, en 1974. La petite fille avait été kidnappée et tuée dans une affaire pour laquelle Christian Ranucci fut guillotiné deux ans plus tard.

Un meurtre « monstrueux, innommable, inqualifiable ». C’est ainsi que Jean-Baptiste Rambla a qualifié ce mardi l’assassinat en juillet 2017 à Toulouse de Cintia Lunimbu, 21 ans, pour lequel il est jugé devant les assises de Haute-Garonne.

Mais l’accusé de 53 ans a continué à s’étendre de manière décousue sur le sujet qui semble focaliser l’essentiel de son attention : le meurtre de sa sœur Marie-Dolorès, en 1974. La petite fille avait été kidnappée et tuée dans une affaire pour laquelle Christian Ranucci fut guillotiné deux ans plus tard.

L’affaire Ranucci revient encore et toujours

« Elle me manque », a affirmé Jean-Baptiste Rambla, déjà condamné pour meurtre en 2008, avant de récidiver en 2017 après une libération anticipée. Le meurtre de Cintia est apparu brièvement au milieu d’un long discours sur l’affaire Ranucci. Ce dernier n’aurait pas eu « à la base l’intention » de tuer sa sœur, a déclaré l’accusé, avant d’ajouter : « Je m’excuse de faire le rapprochement avec Cintia. Je présente mes plus sincères regrets à la partie civile. Je comprends la tristesse de ses parents ».

Puis il a repris son long discours : il a qualifié la sortie en 1978 du livre de Gilles Perrault Le pull-over rouge, mettant en doute la culpabilité de Ranucci, et le « déferlement médiatique » à ce propos, de « rouleau compresseur qui va nous écraser ». « C’était insupportable de voir [ma] sœur à l’écran. Perdre [une sœur] dans ces conditions-là, on ne peut pas s’en remettre », a-t-il poursuivi, faisant probablement allusion à ses parents.

Interrogé plus tard sur la cocaïne qu’il a affirmé avoir consommée et qui aurait pu jouer un rôle dans le meurtre de Cintia, il a déclaré : « J’étais loin d’imaginer que j’allais à nouveau commettre des faits monstrueux, innommables, inqualifiables ».

« C’est pervers de dire que c’est à cause de Ranucci qu’il a tué Cintia. Comment voulez-vous que les parents comprennent ? », a affirmé en marge de l’audience Me Simon Cohen, l’avocat de la famille Lunimbu.

La colère de la mère de Cintia

De son côté, le père de Cintia, Alberto Lunimbu, a redemandé, à la barre cette fois-ci, à Jean-Baptiste Rambla « pourquoi » il avait tué sa fille, sans obtenir de réponse de l’accusé. Au cours de l’intervention du père, la mère de la jeune femme, a éclaté en sanglots, courant vers le box et hurlant : « Je vais le tuer ! Je vais lui faire ce qu’il a fait à Cintia ! », avant d’être reconduite vers l’extérieur de la salle par des policiers et des proches.

Pour l’expert-psychiatre Daniel Zagury, Jean-Baptiste Rambla ressent une « culpabilité » d’avoir survécu à la mort de sa sœur, de l’avoir laissée seule avec son futur meurtrier et d’avoir aidé sans le vouloir ceux qui cherchaient à innocenter Christian Ranucci, en ne parvenant pas à identifier ce dernier.

Meurtres et « irrationnel »

Dans ce contexte, estime l’expert, le fonctionnement psychique de l’accusé peut être comparé à un « baril de poudre » qu’une « étincelle » peut faire exploser et déboucher sur des meurtres comme ceux de Corinne Beidl et Cintia Lunimbu.

Me Frédéric David, l’un des défenseurs de l’accusé, citant les propos du docteur Zagury, a regretté, faisant allusion au meurtre de Cintia, que « la cour demande d’expliquer rationnellement ce qui relève de l’irrationnel ».