Loi « sécurité globale » : Classements sans suite ou rappels à la loi pour l'essentiel des manifestants interpellés à Paris

DECISION Samedi, 124 personnes avaient été placées en garde à vue à Paris après une manifestation

20 Minutes avec AFP

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Loi « sécurité globale » : Classements sans suite ou rappels à la loi pour l'essentiel des manifestants interpellés à Paris (Illustration)
Loi « sécurité globale » : Classements sans suite ou rappels à la loi pour l'essentiel des manifestants interpellés à Paris (Illustration) — ERIC DESSONS/JDD/SIPA

Quarante personnes placées en garde à vue dans le cadre de la manifestation contre la controversée proposition de loi " sécurité globale" à Paris ont obtenu un classement sans suite et 41 ont fait l’objet d’un rappel à la loi, a annoncé lundi le parquet.

Alors que 124 personnes avaient été placées samedi en garde à vue à Paris, dont 105 majeurs, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait qualifié dans des tweets les personnes interpellées de « casseurs » ou d'« individus ultra-violents ». Quarante de ces gardés à vue ont vu la procédure les visant classée sans suite, tandis que 41 ont fait l’objet d’un rappel à la loi, dont 30 après présentation devant un magistrat, selon le parquet de Paris.

Quinze comparutions immédiates et des condamnations

Quinze de ces personnes gardées à vue ont été renvoyées en comparution immédiate, dont huit qui se sont déroulées lundi et au moins quatre qui doivent avoir lieu mardi.

Selon des éléments recueillis par l’AFP, un manifestant a été incarcéré lundi après sa condamnation à dix mois de prison dont cinq ferme pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique en récidive, participation à un groupement et outrage. Un autre prévenu a été condamné à dix mois de prison avec sursis, un à quatre mois avec sursis, un autre à trois mois avec sursis. Une personne jugée lundi a vu son procès renvoyé et a été placée d’ici là sous contrôle judiciaire.

Hormis ces personnes en comparution immédiate, quatre autres personnes seront par ailleurs jugées dans les prochains mois. Cinq personnes font en outre l’objet d’enquêtes qui se poursuivent, dont une confiée à un juge d’instruction.

Concernant les 19 mineurs placés en garde à vue, le parquet de Paris avait indiqué dimanche que 14 avaient obtenu un classement sans suite et quatre une convocation devant le délégué du procureur. Un dernier avait vu sa garde à vue levée pour poursuite de l’enquête.

Des « arrestations arbitraires »

Après deux manifestations contre la loi sécurité globale marquées par des violences à Paris, les forces de l’ordre ont samedi changé de tactique en intervenant tout au long de la manifestation par « bonds offensifs » pour interpeller toute personne soupçonnée de vouloir constituer un « bloc ».

Plusieurs associations et syndicats, ainsi que des élus LFI, ont dénoncé des « arrestations arbitraires ». Parmi les interpellés figuraient au moins deux journalistes.