Hérault : Un retraité jugé aux assises pour le meurtre de son ancien patron

PROCES Le septuagénaire est accusé d'avoir assassiné le directeur d'un supermarché où il avait travaillé

N.B.

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Aux assises de l'Hérault (illustration)
Aux assises de l'Hérault (illustration) — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Un septuagénaire est jugé à partir de ce lundi devant la cour d’assises de l’Hérault pour l’assassinat du directeur d’un petit supermarché, près de Montpellier.
  • L’accusé, à la retraite, avait travaillé en tant que boucher dans ce magasin.
  • L’homme, malgré des problèmes psychologiques, avait été indiqué apte à être jugé.

Le 2 février 2017, l’assassinat du directeur d’un petit supermarché, à Pignan (Hérault), avait suscité un fort émoi, dans cette commune de 6.600 habitants de la métropole de Montpellier. Quelques jours après le drame, ses funérailles avaient rassemblé plusieurs centaines d’habitants, et les commerces du village avaient fermé leurs portes, en placardant l’affichette « village en deuil » sur leurs vitrines.

Le quinquagénaire avait été abattu d’un coup de fusil dans la supérette, avant son ouverture. Ce lundi s’est ouvert devant les assises de l’Hérault le procès de l’accusé, un septuagénaire qui avait travaillé en tant que boucher dans ce petit magasin quelques années plus tôt. Le procès se tient jusqu’à mercredi à Montpellier.

Des armes saisies en 2016

Le mobile de l’assassinat, qui reste flou, devrait être au cœur du procès. L’homme n’a pu fournir aucune explication claire aux enquêteurs tout au long des investigations.

La personnalité instable de l’accusé devrait être également largement évoquée. Au lendemain des faits, Christophe Barret, alors procureur de la République, avait noté que cet homme « avait eu un comportement, au mois d’août [2016], qui l’avait fait remarquer, qui avait conduit à une procédure de gendarmerie », et « avait permis de saisir les armes qui étaient en sa possession ». Le retraité avait alors été présenté à un psychiatre.

« Une catastrophe judiciaire »

Des experts l’avaient déclaré apte à être jugé, malgré des difficultés psychologiques et une altération du discernement. « Jusqu’en 2016, il n’y avait pas de problèmes, et puis on a une détérioration, avec une forme de sénilité », a confié Martine Figuerroa, son avocate, à Midi Libre. « Il ne reconnaît pas la préméditation, et peut-être que dans sa tête, il ne reconnaît pas non plus avoir voulu le tuer. Mais il a des regrets. »

« Toute la question de ce procès c’est : Pourquoi alors que l’on saisit ses armes, se retrouve-t-il quelques jours après à nouveau en possession d’une arme, ce qui va lui permettre de passer à l’acte ? », s’interroge de son côté Luc Abratkiewicz, l’avocat de la famille de la victime sur France 3. « C’est une catastrophe judiciaire », estime-t-il encore.