Grasse: Le palais à 57 millions d'euros construit sans permis doit bien être détruit

URBANISME Après une décision de la Cour de cassation, l’avocat du propriétaire veut saisir la Cour européenne des droits de l’homme

F.Bi. avec AFP
— 
Vue du site, sur la commune de Grasse
Vue du site, sur la commune de Grasse — Google Maps

Un nouveau revers pour le « palais Diter ». La cour de cassation vient de rejeter le recours intenté par Patrick Diter, propriétaire de ce palais florentin construit illégalement à Grasse (Alpes-Maritimes), pour tenter de faire annuler sa démolition.

En mars 2019, la cour d’appel d’Aix-en-Provence avait déjà confirmé une décision prise en première instance à Grasse. En quelques années, Patrick Diter avait transformé une modeste bastide de 200 m2 en une propriété au style Renaissance de 3.000 m2 louée notamment pour de grands événements, dont des mariages.

Le propriétaire de ce domaine estimé par le fisc à 57 millions d’euros avait également fait construire une piscine et un héliport. Une route de 600 m avait également été tracée, tout aussi illégalement, dans un espace boisé classé.

« Un chef-d’œuvre architectural »

La démolition de l’intégralité des travaux constatés dans les procès-verbaux d’infraction doit intervenir dans les 18 mois, sous astreinte de 500 € par jour de retard.

« Mes clients sont soulagés, ils attendaient cette décision avec inquiétude, ils sont satisfaits de voir que la justice soit rendue », a réagi Me Virginie Lachaut-Dana, avocate des voisins du propriétaire qui s’étaient portés parties civiles.

Me Philippe Soussi, qui défend les intérêts de Patrick Diter, a indiqué vouloir saisir la Cour européenne des droits de l’homme. « Cette décision n’est pas l’épilogue de cette affaire », a-t-il affirmé. « L’idée même de la démolition du château Diter, qui est un chef-d’œuvre architectural, est inimaginable et insensée », selon lui.