Affaire Geneviève Legay : Un commissaire mis en examen pour « complicité de violences volontaires »

ENQUETE Il avait ordonné la charge de police durant une manifestation de « gilets jaunes » à Nice, dans laquelle la militante avait été blessée

20 Minutes avec AFP

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Affaire Geneviève Legay : Un commissaire mis en examen pour « complicité de violences volontaires » (Archives)
Affaire Geneviève Legay : Un commissaire mis en examen pour « complicité de violences volontaires » (Archives) — Claude Paris/AP/SIPA

Le commissaire qui a ordonné une charge de police dans laquelle Geneviève Legay a été gravement blessée en 2019 à Nice lors d’une manifestation interdite de « gilets jaunes », a été mis en examen pour « complicité de violences volontaires », a-t-on appris jeudi auprès du parquet de Lyon. « Rabah Souchi a été mis en examen le 9 novembre par le juge d’instruction du chef de complicité, par ordre ou instruction, de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique », a indiqué le parquet.

Le 23 mars 2019, cette militante d’Attac a eu plusieurs côtes cassées et des fractures au crâne, lors d’une charge de policiers commandée pour disperser une manifestation interdite de «gilets jaunes ». L’affaire avait eu à l’époque une forte résonance, alimentée par les points de vue contradictoires des autorités.

Un usage de la force disproportionnée selon l’IGPN

Une information judiciaire a été ouverte pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique et le dossier a été dépaysé à Lyon par la cour de cassation. Récemment, un rapport de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a pointé un usage de la force disproportionnée en raison « d’ordres inadaptés ».

L’IGPN a notamment relevé « des différences d’appréciation » sur le terrain, le jour des faits, entre les commandants d’unités et le responsable opérationnel du maintien de l’ordre – le commissaire divisionnaire Rabah Souchi — dont « la stratégie adoptée et les ordres donnés » se sont caractérisés « par un manque de clarté et un aspect directif », selon ce rapport.

Après les faits, le procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, avait d’abord démenti tout « contact » physique de la part des forces de l’ordre, des propos repris par Emmanuel Macron. Puis le magistrat avait ensuite reconnu qu’elle avait été poussée par un policier, suite à l’exploitation d’images de vidéosurveillance. Le procureur a depuis été muté à la cour d’appel de Lyon fin 2019.