Affaire des écoutes : « J’ai encore confiance en la justice de notre pays », lâche Nicolas Sarkozy

PROCÈS Nicolas Sarkozy, qui sera fixé le 1er mars 2021, est jugé pour « corruption active » et « trafic d’influence » dans l’affaire dite « des écoutes de Paul Bismuth »

Vincent Vantighem

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Paris, le 8 décembre 2020. Nicolas Sarkozy au tribunal judiciaire de Paris.
Paris, le 8 décembre 2020. Nicolas Sarkozy au tribunal judiciaire de Paris. — Martin BUREAU / AFP
  • Le procès de Nicolas Sarkozy pour « corruption active » et « trafic d’influence » s’est ouvert le 23 novembre devant la 32e chambre du tribunal judiciaire de Paris.
  • Il est accusé d’avoir noué un « pacte de corruption » avec le magistrat Gilbert Azibert pour obtenir des informations sur une procédure judiciaire le concernant.
  • Mardi, le parquet national financier a requis une peine de quatre ans de prison dont deux avec sursis à l’encontre de l’ancien chef de l’Etat.

Au tribunal judiciaire de Paris,

Il a indiqué qu’il ne dirait qu’une phrase. Et puis finalement, à l’heure de lâcher les derniers mots, Nicolas Sarkozy en a prononcé cinq. «  Cette affaire a été pour moi un chemin de croix. Mais si c’était le prix à payer pour que la vérité chemine, je suis prêt à l’accepter. Je vous ai dit la vérité pendant ces trois semaines. Comme je l’ai dit en garde à vue. J’ai encore confiance en la justice de notre pays ».

Christine Mée, la présidente de la 32e chambre du tribunal judiciaire de Paris a clôturé les débats du procès dit de l'affaire « des écoutes de Paul Bismuth », ce jeudi peu après 20 heures, après avoir laissé aux trois prévenus l’occasion de s’exprimer une dernière fois. Elle a indiqué que la décision serait rendue le lundi 1er mars, à 13h30.

Après « Bismuth », le dossier « Bygmalion »

Toute l’après-midi de jeudi, les avocats du magistrat Gilbert Azibert et de Thierry Herzog se sont succédé à la barre pour réclamer la relaxe de l’ensemble des prévenus dans cette affaire de « corruption » et de « trafic d’influence ». Après avoir cité tous les actes d’enquête réalisés en l’espace de six ans, le ténor Hervé Témime a expliqué qu’il n’y avait « rien ! Rien ! Rien ! Rien ! Pas une preuve. »

Dans cette affaire, l’accusation estime que Nicolas Sarkozy a noué un pacte de corruption avec le magistrat Gilbert Azibert. Ce dernier lui aurait livré des informations couvertes par le secret sur l’affaire Bettencourt en échange d’un coup de pouce pour obtenir un poste à Monaco. Lors des réquisitions, les deux procureurs du parquet national financier ont réclamé des peines de quatre ans de prison dont deux avec sursis à l’encontre de tous les prévenus dont l’ancien chef de l’Etat.

Celui-ci devra patienter donc un peu plus de deux mois avant d’être fixé. Quelle que soit la décision, il n’en a pas fini avec la justice puisqu’il a rendez-vous devant le même tribunal à partir du 17 mars pour comparaître dans le dossier Bygmalion.

Retrouvez tout le déroulement du procès sur le compte Twitter de notre journaliste :  @vvantighem