Un husky sibérien comme ceux qui sont au centre de cette affaire à Montvalent.
Un husky sibérien comme ceux qui sont au centre de cette affaire à Montvalent. — Antelao - PixaBay

ENQUETE

Lot : Pourquoi une éleveuse de chiens voisine d’un ancien ministre a-t-elle été autant contrôlée ?

Même si pour la préfecture du Lot, les contrôles et enquêtes diligentés à l’encontre d’une éleveuse canine sont des procédures classiques, la proximité entre le préfet et le voisin de l’éleveuse, l’ancien ministre Jacques Mézard, interroge

  • La semaine dernière 20 Minutes révélait la plainte pour harcèlement déposée par une éleveuse lotoise.
  • Enquête de gendarmerie, inspections sanitaires, les services de l’Etat ont été particulièrement attentifs aux doléances de la famille de l’ancien ministre Jacques Mézard, dérangée par l’élevage.

Entre mi-juin et fin septembre dernier, Eva Leconte, éleveuse de chiens husky de Montvalent (Lot) était accusée par son voisin, le fils de l’ancien ministre et actuel membre du Conseil constitutionnel Jacques Mézard, de laisser aboyer ses chiens. Rapidement, l’éleveuse s’est retrouvée sous la mitraille : deux inspections sanitaires, une enquête de gendarmerie, une convocation devant le conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques… Elle a fini par porter plainte contre X, le 9 novembre pour « harcèlement moral » et « appels téléphoniques malveillants ».

La commune de Montvalent, dans le Lot.
La commune de Montvalent, dans le Lot. - Map4News

Même si pour la préfecture du Lot, ces inspections « relèvent donc de l’activité normale d’un service d’inspection », pour l’avocat d’Eva Leconte, il n’en est rien. « Il faut que toutes les investigations soient réalisées auprès des services de la préfecture afin de déterminer les raisons pour lesquelles Madame Leconte a fait l’objet de contrôles à répétition à leur initiative ».

Parcours croisés

La réponse se trouve peut-être dans les rapports qu’entretiennent l’actuel préfet du Lot, Michel Prosic et l’ancien ministre Jacques Mézard. Le premier, nommé le 10 février pour la première fois à ce poste était entre 2015 et 2016, secrétaire général de la préfecture du Cantal et sous-préfet de l’arrondissement d’Aurillac. A la même période, le second, Jacques Mézard était président de la communauté d’agglomération du bassin d’Aurillac et surtout sénateur du Cantal. Tous les deux apparaissaient régulièrement côte à côte dans la presse locale, pour inaugurer un local de chasse, signer un plan pluriannuel contre la pauvreté, réhabiliter des logements sociaux, couper un ruban pour ouvrir la nouvelle traversée d’un bourg…

Est-ce que cette proximité entre ces deux hommes a joué en défaveur de l’éleveuse ? Interrogée en ces termes à l’oral et par écrit, la préfecture du Lot n’a pas souhaité nous répondre. Quant à Jacques Mézard, son assistante brandit « le devoir de réserve qui s’impose aux membres du Conseil constitutionnel et qui ne nous permet pas de vous répondre ».