Disparition d'Estelle Mouzin : Pas de découverte significative dans le château des Ardennes de Fourniret

ENQUETE Pour cette première journée de fouilles, le parc du château de Sautou n’a livré aucun secret significatif dans la disparition de la petite Estelle en 2003

20 Minutes avec AFP
Le château du Sautou (image d'illustration)
Le château du Sautou (image d'illustration) — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Le parc du château du Sautou cache-t-il le corps d’Estelle Mouzin, disparue en 2003 ? Un peu plus d’un mois après un déplacement de Michel Fourniret dans les Ardennes, de nouvelles fouilles ont débuté ce lundi, cette fois sans le tueur en série, pour une première journée infructueuse.

C’est sur cette vaste propriété de 15 ha, isolée au milieu d’un bois à quelques kilomètres de la frontière belge, sur la commune de Donchery, que les corps de deux jeunes victimes avaient déjà été retrouvés en 2004.

Les opérations, ordonnées par la juge d’instruction parisienne Sabine Kheris, présente sur les lieux, ont débuté lundi matin, par grand froid, sur ce site où les engins d’excavation ont été acheminés depuis plusieurs jours.

D’importants moyens humains et techniques déployés

Il n’y a eu aucune « découverte significative, mais les recherches sont prévues sur toute la semaine, donc on peut espérer puisqu’il y a des endroits très caractéristiques qui n’ont pas encore été travaillés », a déclaré sur place à la presse Me Didier Seban, un des avocats de la famille Mouzin. Environ 1,5 ha ont été déboisés « à l’intérieur de la forêt entourant le château », a précisé Me Seban, listant d’importants moyens humains et techniques, dont deux pelleteuses de 20 tonnes. La route d’accès au château est, elle, barrée par les gendarmes, ont constaté des journalistes de l’AFP.

En juin, les enquêteurs qui tentent de faire la lumière sur la disparition de la fillette de 9 ans avaient déjà exploré les lieux, sans résultat. Puis en octobre, la juge Kheris, qui a repris les investigations en 2019, avait fait d’abord amener Michel Fourniret, mis en examen dans cette affaire pour « enlèvement et séquestration suivis de mort », à Guermantes (Seine-et-Marne), où avait disparu la petite fille le 9 janvier 2003 alors qu’elle rentrait de l’école, puis dans les Ardennes.

La magistrate avait pour espoir de « déclencher des souvenirs » chez le septuagénaire à la mémoire chancelante, qui avait fini par avouer en mars sa responsabilité dans cette affaire. Deux mois plus tôt, son ex-épouse, Monique Olivier, mise en examen pour « complicité », l’avait accusé d’avoir violé et tué l’enfant. « Le grand tort de la justice (…) pendant longtemps a été de considérer que Michel Fourniret, étant un pervers, mentait. Il a certes menti des fois (…) mais en général quand il a donné des indications, elles ont été vérifiées donc nous croyons que malgré sa mémoire devenue défaillante, il faut l’écouter », a insisté lundi Me Seban, disant son « espoir » de retrouver « la dépouille d’Estelle et lui donner une sépulture décente ».

Le temps presse

Selon Richard Delgenes, avocat de Monique Olivier, Michel Fourniret aurait indiqué certains lieux dans le parc du château à explorer. Le tueur en série connaît bien les lieux : le couple y a vécu de 1989 à 1991, et il a continué d’y retourner régulièrement jusqu’à son arrestation en 2003.

Fourniret avait acquis le manoir avec l’argent du magot du « gang des postiches », après avoir déterré un trésor sur les indications d’un ancien codétenu et assassiné la femme de ce dernier. Un épisode rocambolesque qui a marqué un tournant dans son parcours meurtrier.

Monique Olivier a été de nouveau interrogée vendredi par la juge qui cherche à déterminer si elle en sait plus dans cette affaire. Le temps presse, d’autant que l’état de santé de Michel Fourniret se dégrade. A 78 ans, ce dernier, dont l’état neurologique est inconstant, est hospitalisé depuis qu’il a fait le 20 novembre un malaise dans sa cellule de la prison de Fresnes (Val-de-Marne), selon le ministère de la Justice.