Haute-Savoie : Un chasseur condamné à un an de prison ferme pour avoir tué accidentellement un cycliste

PROCES Il y a deux ans, un Britannique de 34 ans, installé en Haute-Savoie, avait été fauché par le tir accidentel d’un chasseur. L’homme de 24 ans a été condamné ce mardi devant le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains

Elisa Frisullo

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Un fusil de chasse. Illustration.
Un fusil de chasse. Illustration. — Petr Sznapka - AP - Sipa

Le jour du drame, la victime portait des couleurs vives et la zone, à découvert, offrait une visibilité parfaite. Deux ans après le tir mortel qui avait fauché un Britannique à vélo en  Haute-Savoie, le chasseur mis en cause a été condamné ce mardi à quatre ans d’emprisonnement, dont un an ferme, selon l’avocat de la victime.

Le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains a assorti cette peine d’une interdiction de porter une arme pendant cinq ans et a annulé le permis de chasse du prévenu qui ne pourra plus chasser pendant dix ans.

Le 13 octobre 2018, un restaurateur de 34 ans originaire du Pays de Galles, installé depuis quatre ans dans la région, faisait du VTT à la lisière d’un bois quand il a été mortellement atteint par le tir accidentel d’un chasseur qui participait à une battue sur la commune de Montriond.

Trois autres chasseurs et la compagne de l’un d’eux condamnés

Le tireur, âgé de 24 ans aujourd’hui, poursuivi pour « homicide involontaire par violation délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence », encourait cinq ans d’emprisonnement ferme et le ministère public en avait requis deux. Cet artisan élagueur sans casier judiciaire avait reconnu sa culpabilité juste après les faits et a exprimé des remords.

Il comparaissait avec trois autres chasseurs et la compagne de l’un d’eux, soupçonnés notamment d’avoir tenté de dissimuler les faits en modifiant le carnet de battue et en installant, a posteriori, des panneaux indiquant la partie de chasse. Des peines de 6 à 18 mois avec sursis ont été prononcées à leur encontre, assorties pour deux d’entre eux d’une période probatoire de trois ans avec interdiction de chasser et de porter une arme.

Me Frédéric Noetinger-Berlioz, avocat de la compagne et du père de la victime, tous deux parties civiles, a qualifié ce jugement de « relativement équilibré », estimant « pas anormal qu’un chasseur qui ôte la vie définitivement à une personne, se voie infliger une peine privative de liberté ». « La chasse était partout en filigrane dans ce dossier mais ce sont des chasseurs délinquants qui étaient jugés et non la chasse dont aucune règle de sécurité n’a été respectée », a déclaré le conseil à l’issue du jugement.

Le chasseur avait affirmé avoir visé un sanglier

La victime, Mark Sutton, était le propriétaire de deux établissements, l’un proposant un service de chefs à domicile à Morzine, l’autre spécialisé dans la cuisine santé aux Gets, communes proches des lieux du drame. Le jour des faits, il portait des vêtements aux couleurs vives qui le rendaient « parfaitement identifiable » et la zone – un chemin fréquenté, pentu et difficile d’accès, à 1.350 mètres d’altitude – était découverte, offrant une visibilité parfaite, selon les conclusions de l’enquête.

L’auteur du tir avait dit avoir visé un sanglier d’un tir non fichant, c’est-à-dire ne visant pas le sol comme il se doit.