Alsace : « Il a joué à la roulette russe avec son poids lourd »... Un chauffeur routier condamné

COMPARUTION IMMEDIATE Il a écopé de douze mois de prison, dont deux ferme

T.G. avec AFP

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Le palais de justice de Strasbourg.
Le palais de justice de Strasbourg. — G. Varela / 20 Minutes
  • Dans la nuit de samedi à dimanche, un chauffeur routier a été arrêté en Alsace, ivre et à contrensens sur l'A35.
  • L'homme, de nationalité biélorusse et âgé de 56 ans, était jugé mardi à Strasbourg.
  • Il a été condamné à douze mois de prison, dont deux ferme. Il n'a également plus le droit de conduire pendant cinq ans

Presque miraculeusement, personne n’avait été blessé dans l’affaire. Dans la nuit de samedi à dimanche, un chauffeur routier avait été arrêté après avoir roulé ivre plus d'une trentaine de kilomètres à contresens sur l'A35en Alsace. De nationalité biélorusse, cet homme de 57 ans a été jugé mardi à Strasbourg en comparution immédiate.

Le tribunal correctionnel l’a condamné à douze mois de prison, dont deux ferme. Il a également prononcé à son encontre cinq ans d’interdiction de conduire. Cette peine est inférieure aux réquisitions du ministère public qui avait réclamé douze mois de prison, dont six mois avec sursis simple.

« Il était complètement ivre au moment des faits », a fustigé le procureur Alexandre Chevrier. « Il a joué à la roulette russe avec son poids lourd » et, même s’il n’a causé aucun accident, « les conséquences auraient pu être dramatiques », a ajouté le magistrat, en évoquant un « miracle ».

« Gens masqués »

Le prévenu, qui comparaissait détenu, a présenté ses « excuses », expliquant qu’il s’était arrêté samedi sur une aire d’autoroute du nord de l’Alsace pour y passer la nuit avant de rentrer au Bélarus pour y retrouver sa famille. Il a expliqué au tribunal avoir bu « du whisky-coca et de la bière » puis s’être endormi dans son camion. Dans la nuit, il aurait été brutalement tiré de son sommeil par des « gens masqués » qui tapaient sur la cabine, a-t-il ajouté.

Il aurait alors pris « peur » et se serait enfui au volant de son semi-remorque, prenant malencontreusement l'A35 à contresens pendant 37 km. C’est un boulanger qui a donné l’alerte, vers 2 h du matin, avaient indiqué les gendarmes. Selon leur rapport, il roulait lentement « sur la voie de gauche ». Il avait « l’air perdu » et « ne tenait pas la station debout ». Son taux d’alcoolémie était de 0,98 mg/litre d’air expiré, « quatre fois » la norme autorisée, a relevé Alexandre Chevrier.

Une carrière sans accroc

« C’est un événement isolé dans sa carrière », commencée en 1987 et jusque-là sans accroc, a insisté son avocat, Me Clément Pialat. Son client, qui travaille pour une société lituanienne, « n’avait pas prévu de rouler » ce dimanche, jour pendant lequel il n’a pas le droit de circuler. Et s’il a pris la route, c’est simplement parce qu’il « a pensé à une agression ».

Alors que les gendarmes avaient indiqué dimanche que le chauffeur transportait des matières dangereuses, Me Pialat a affirmé mardi qu’il était en réalité au volant d’un camion frigorifique.