Djihadisme : Le maire de Nice Christian Estrosi débouté de ses poursuites en diffamation contre un journaliste

SANS RECOURS La décision de la cour de cassation est définitive puisqu’elle n’a pas ordonné de renvoi

20 Minutes avec AFP

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Le maire de Nice Christian Estrosi
Le maire de Nice Christian Estrosi — LAURENT VU/SIPA
  • Dans son livre Les Revenants, le journaliste David Thomson donnait la parole à un Niçois rentré de Syrie qui reprochait au maire de n’avoir rien fait pour neutraliser la propagande d’un recruteur de l’Etat islamique.
  • Attaqué en diffamation par Christian Estrosi, le reporter avait été relaxé en première instance mais la cour d’appel d’Aix-en-Provence, qui se prononçait uniquement sur le plan civil, l’avait condamné.

Le dossier est clos. La Cour de cassation a annulé mardi la condamnation du journaliste David Thomson, poursuivi en diffamation par le maire LR de Nice Christian Estrosi pour son livre-enquête sur les jeunes Français partis faire le djihad en Syrie.

Dans Les Revenants, publié en 2016 après l’attentat de la promenade des Anglais, le reporter de RFI et des Jours rappelait que Nice avait été un important vivier de djihadistes français et donnait la parole à un Niçois rentré de Syrie qui reprochait au maire de n’avoir rien fait pour neutraliser la propagande d’un recruteur de l’Etat islamique, Oumar Diaby.

Le journaliste, prix Albert-Londres 2017, avait été relaxé en première instance mais la cour d’appel d’Aix-en-Provence, qui se prononçait uniquement sur le plan civil, l’avait condamné le 29 octobre 2019 à verser 3.000 euros de dommages-intérêts à l’élu niçois.

Il « menaçait un journalisme d’investigation qu’il aurait voulu faire taire »

La plus haute juridiction de l’ordre judiciaire a estimé que les propos poursuivis « n’excédaient pas les limites admissibles de la liberté d’expression ». David Thomson « s’est contenté d’introduire et d’expliciter » des propos tenus par un tiers « sans les reprendre à son compte » et il a mené une « enquête sérieuse » qui « participait d’un débat d’intérêt général », selon la décision définitive puisque la cour n’a pas ordonné de renvoi.

La procédure intentée par Christian Estrosi « menaçait un journalisme d’investigation qu’il aurait voulu faire taire », a réagi l’avocat de David Thomson, Me Martin Pradel. « Avant de tenter de comprendre comment sa ville de Nice est devenue sous son règne l’un des principaux foyers du djihadisme en France », le maire « a préféré porter plainte contre des faits et contre un journaliste », a tweeté le journaliste, se félicitant de la décision.

Sollicité par l’AFP, l’avocat de l’élu n’a pas répondu immédiatement.