Affaire Fiona : Les personnalités de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf examinées devant les jurés

PROCES Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, et son ancien compagnon Berkane Makhlouf sont jugés en appel depuis mardi devant la cour d’assises du Rhône pour la mort de la fillette en 2013

Caroline Girardon

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Cécile Bourgeon lors de son arrivée à la cour d'assises du Rhône le 1er décembre.
Cécile Bourgeon lors de son arrivée à la cour d'assises du Rhône le 1er décembre. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
  • Cécile Bourgeon, la mère de Fiona décédée en 2013 à l’âge de 5 ans, et son ancien compagnon, Berkane Makhlouf, sont jugés jusqu’au 16 décembre devant les assises du Rhône pour la mort de la fillette.
  • La première journée du procès en appel a été consacrée à la personnalité des deux accusés.
  • Le président de la cour chargé de mener les débats n’a pas ménagé Cécile Bourgeon, présentant un autre visage aux jurés.

A la cour d’assises du Rhône, à Lyon

Son allure dans le prétoire a d’abord surpris. Voire presque déconcerté l’assistance qui avait gardé en mémoire une autre image d’elle. Celle d’une femme bouffie parlant mollement, comme anesthésiée par les cachets. Au premier jour de son procès en appel  devant la cour d’assises du Rhône, Cécile Bourgeon, la mère de la petite Fiona, a présenté un tout autre visage. Comparaissant libre dans le box des accusés aux côtés de son ex-compagnon Berkane Makhlouf, elle est apparue amincie, les cheveux plus foncés retenus par un épais bandeau rouge. Des cheveux plus longs aussi et frisés. Faut-il y avoir le signe que Cécile Bourgeon a changé ?

Son attitude plus assurée tranche singulièrement avec celle des premiers procès. Mais aussi avec celle de Berkane Makhlouf. Lui peine à articuler, bute sur les mots, répond parfois à côté de la plaque. Le président lui conseille d’ailleurs de ne pas prendre davantage de médicaments. « Cela risque de vous assommer », l’avertit-il.

« J’ai un cœur »

Makhlouf se défend comme il le peut, quitte à passer pour « un gros benêt » selon les mots de son frère. « J’ai un cœur », lance l’accusé. Ses interventions pourraient prêter à sourire s’il ne s’agissait pas de découvrir comment la petite Fiona est morte le 12 mai 2013. Ali, le frère de Berkane reste persuadé qu’il n’avait « pas l’intelligence » d’avoir mis en scène la disparition de la fillette dont le corps n’a jamais été retrouvé. « Cécile est bien plus maligne », dit-il à la barre.

Pour l’instant, les faits et le rôle des anciens amants n’ont pas été abordés. Lors de cette première journée, les débats se sont uniquement concentrés sur la personnalité des accusés. Et les similitudes, constatées dans la vie sentimentale de Cécile Bourgeon, ont pu troubler la cour. « J’ai l’impression qu’elle s’engage très vite et de manière inconséquente », souligne le président. En témoigne sa dernière rencontre : un sans-papiers algérien que Cécile Bourgeon a dragué sur un site Internet et rencontré un mois après sa libération. « Vous sortez de prison en février 2019 et vous vous retrouvez enceinte en juin. Vous ne nous facilitez pas la tâche », lâche un brin perplexe le président de la cour chargé de mener les débats.

Enceinte quatre mois après sa sortie de prison

La suite de l’histoire ne plaide pas en faveur de l’accusée. De cette union rapidement scellée, est née une petite fille en mars 2020. Le quatrième enfant de Cécile Bourgeon. Aussitôt retiré à ses parents. « Votre bébé semble bien mal parti dans la vie, attaque le président. Il a un père qui paraît davantage intéressé par ses papiers que par tout autre chose et une mère qui a de gros soucis judiciaires ».

L’enfant souffrait à sa naissance du syndrome du sevrage, révèle-t-il. De là à penser que la mère a repris de la drogue pendant sa grossesse. « Non, c’est du Subutex (médicament de substitution) », répond-elle, sans totalement convaincre son auditoire. D’autant que son mari avec lequel elle vit à Perpignan, est suspecté de consommer des stupéfiants. Comme un air de déjà-vu…

Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf encourent 30 ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu le 16 décembre.