Cannes : Le père, le grand-père, la grand-mère et un oncle mis en examen pour des viols incestueux sur mineurs

ENQUETE Face à un juge d’instruction de Grasse, ils nient les accusations dénoncées par les enfants

M.B.

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Des gardes devant l'entrée de la prison de Grasse, le 15 juillet 2007.
Des gardes devant l'entrée de la prison de Grasse, le 15 juillet 2007. — AFP PHOTO VALERY HACHE
  • Les faits présumés, d’une extrême gravité s’ils sont avérés, ont été dénoncés par les enfants.
  • Les quatre adultes poursuivis contestent « tout acte de nature sexuelle ».

Les faits, s’ils sont avérés, sont d’une gravité extrême. Trois enfants d’une même fratrie, alors âgés de 6 à 9 ans, pourraient avoir été victimes de viols incestueux commis par leur père, leurs grand-père et grand-mère paternels, et un oncle, rapporte Nice-Matin. Les quatre adultes ont été mis en examen notamment pour « viol incestueux sur mineur de moins de 15 ans » confirme à 20 Minutes le parquet de Grasse ( Alpes-Maritimes).

L’affaire a débuté il y a un an avec la mise en examen et le placement en détention à la prison de Grasse du père de famille, un Cannois de 44 ans début décembre 2019. Puis celle du grand-père, le mois suivant. En octobre 2020, l’instruction conduit à deux nouvelles mises en examen : la grand-mère et un oncle.

Ce sont les enfants qui auraient raconté à une éducatrice les actes pédophiles dont ils auraient été victimes un an plus tôt, précise Nice-Matin. Des viols et des sévices qui se seraient déroulés dans la villa familiale de Carqueiranne ( Var) et à Dronero, un village du Piémont (Italie). Dans ce dossier sensible, les quatre mis en cause nient « tout acte de nature sexuelle », indique Fabienne Atzori, la procureure de Grasse.

Le père remis en liberté surveillée

En août, le parquet ne s’est pas opposé à la demande de remise en liberté du père, qui a bénéficié d’un placement sous contrôle judiciaire. Un acte qui ne préjuge en rien de la suite du dossier, insiste la magistrate. « Il nous est apparu, confie la procureure de Grasse, que après huit mois de détention provisoire la détention avait assez duré et que les garanties de représentation de cette personne étaient suffisantes ».

« Nous sommes en présence de déclarations d’enfants qui nécessitent que l’instruction se poursuive » indique avec prudence la cheffe du parquet. Quinze ans après l’affaire d’Outreau, ou dans les Alpes-Maritimes l'affaire Iacono au terme de laquelle l'accusé a été acquitté en 2015 après les rétractations de son petit-fils, les magistrats de Grasse ne veulent pas prendre le risque d’un fiasco judiciaire.