Strasbourg : Condamné à six mois de prison pour une inscription antisémite au sol

CORRECTIONNELLE Le prévenu comparaissait détenu, après une première affaire jugée la semaine dernière

T.G. avec AFP

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Le tribunal de Strasbourg.
Le tribunal de Strasbourg. — B. Poussard / 20 Minutes.
  • Ce Strasbourgeois de 36 ans était jugé pour avoir effrayé un graffeur de confession juive et avoir inscrit au sol « interdit aux juifs » et « salope ».
  • Il a écopé de six mois de prison.
  • C’est sa deuxième condamnation en moins d’une semaine.

Deux condamnations en moins d’une semaine. Déjà jugé mardi dernier pour avoir volontairement aspergé de son sang une infirmière aux urgences, un Strasbourgeois de 36 ans passait de nouveau en correctionnelle ce lundi. Cette fois, il était poursuivi pour avoir effrayé un graffeur de confession juive et avoir inscrit au sol « interdit aux juifs » et « salope ». Après les huit mois de peine de la semaine dernière, il a écopé de six mois de prison pour provocation publique à la haine raciale et dégradations.

Le tribunal a assorti sa peine, conforme aux réquisitions du parquet, du versement de 500 euros à la victime pour préjudice moral, ainsi que de près de 1.000 euros au total de dommages et intérêts à des associations s’étant portées parties civiles, telles que SOS Racisme et la Licra.

Fin août, ce graffeur, sous contrat avec la ville, avait entamé la réalisation d’une œuvre sur un boîtier électrique d’un quartier de l’est de Strasbourg, avant d’être pris à partie car il portait un tee-shirt avec un motif imprimé présentant différents noms de villes et de pays, parmi lesquels Israël. Il avait été contraint de changer de tee-shirt et de remettre au prévenu deux bombes de peinture avec laquelle celui-ci avait écrit les deux fameuses inscriptions.

« Une pulsion »

« J’ai vécu les trois pires heures de ma vie », a expliqué la victime à l’audience, tandis que son avocat Me Raphaël Nisand soulignait que, même en l’absence de violence physique, ce qu’il s’était passé était « innommable ».

S’excusant à plusieurs reprises à l’audience, le prévenu a assuré avoir « compris [son] erreur », évoquant « une pulsion » sur fond d’alcool, de séparation avec sa compagne, de recherche infructueuse d’emploi et de vidéos sur le conflit israélo-palestinien. Son avocate, Me Élise Le Guennec-Schmitt, a évoqué un « acte individuel, isolé, irréfléchi et pas de propagande ».