Affaire Carlos Ghosn : Rachida Dati placée sous le statut de témoin assisté

ENQUETE L’actuelle maire du 7e arrondissement de Paris risquait une mise en examen, elle s’en sort finalement mieux que prévu pour le moment

20 Minutes avec AFP

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L'ancienne ministre de la Justice, Rachida Dati.
L'ancienne ministre de la Justice, Rachida Dati. — Jacques Witt/SIPA

L’ex-garde des Sceaux Rachida Dati a été placée dans la nuit de jeudi à vendredi sous le statut intermédiaire de témoin assisté dans l’enquête sur des prestations de conseil auprès de Carlos Ghosn, a-t-on appris auprès du Parquet national financier (PNF), confirmant une source proche du dossier. Convoquée jeudi en vue d’une mise en examen pour « corruption passive », « trafic d’influence passif » et « recel d’abus de pouvoir », l’ancienne ministre est finalement ressortie du bureau des juges sous le statut plus favorable de témoin assisté.

« Mme Rachida Dati a été placée sous le statut de témoin assisté car elle a démontré auprès des juges d’instruction qu’elle avait travaillé comme avocate entre 2009 et 2012 pour l’alliance Renault-Nissan », a réagi auprès Me Olivier Pardo, un de ses avocats. Trois juges d’instruction sont chargés depuis l’été 2019 d’une enquête sur des contrats conclus par la filiale néerlandaise de l’alliance Renault-Nissan, RNBV, avec l’actuelle maire du 7e arrondissement de Paris et le criminologue Alain Bauer, lorsque Carlos Ghosn était encore PDG du groupe automobile.

900.000 euros d’honoraires d’avocate en question

Selon une source proche du dossier, Rachida Dati, qui nie toute irrégularité, aurait touché 900.000 euros d’honoraires en tant qu’avocate entre 2010 et 2012. Alain Bauer aurait quant à lui touché un million d’euros entre 2012 et 2016 pour des activités de consultant. Une enquête préliminaire avait été auparavant ouverte dans cette affaire par le PNF, après une plainte déposée le 17 avril 2019 par une actionnaire de Renault. Cette plainte visait Rachida Dati, Alain Bauer, mais aussi Carlos Ghosn et son épouse.

L’avocat de la plaignante, Me Jean-Paul Baduel, avait alors fait état de « soupçons » sur « l’usage inconsidéré des fonds de Renault » par son ancien PDG. « Les contrats sont douteux de par leurs montants, effectués au profit d’une filiale n’ayant aucune salarié », avait-il assuré.